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DES GRAMINÉES « VOLENT » DES GÈNES CHEZ LES ESPÈCES VOISINES

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On sait aujourd'hui que la sélection naturelle agit essentiellement sur les gènes transmis de génération en génération, par voie sexuée pour les plantes et les animaux. Or, ce paradigme vient récemment d'être remis en cause par une équipe internationale de chercheurs, dont le laboratoire Évolution et diversité biologique (CNRS/IRD/Université de Toulouse III-Paul Sabatier).

Leur étude publiée le 18 février 2019 dernier dans Proceedings of the National Academy of Sciences, révèle que le génome de la graminée australienne Alloteropsis semialata contient près de 60 gènes obtenus d'au moins 9 espèces de graminées donneuses. Parmi les gènes transférés, certains codent pour des enzymes de la photosynthèse, des protéines de résistance à des maladies ou d'adaptation aux sols. Bien que ce mécanisme soit très courant chez les bactéries, il avait rarement été documenté chez les plantes.

D'un point de vue écologique, ces résultats montrent comment certaines plantes seraient capables de s'adapter relativement rapidement face à des changements environnementaux, en utilisant des gènes d'espèces voisines. Même si des recherches sont encore nécessaires pour comprendre ce phénomène, il devrait être désormais considéré pour mieux évaluer les risques des plantes génétiquement modifiées, notamment pour réduire les possibilités de transfert de gènes de résistance vers ce que l'on appelle les « mauvaises herbes ».

On voit aussi que par ce phénomène de « capture de gènes », les plantes disposent d'un arsenal potentiel pour renforcer leurs résistances aux bioagresseurs. C'est une voie qui pourrait être suivie dans l'avenir dans la sélection variétale.

 

En illustration : Alloteropsis semialata

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