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FRELON ASIATIQUE : LE PIÈGE SE REFERME…

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Quand la lutte contre une espèce invasive éradique surtout les espèces à conserver...

Frelon asiatique : arrêtons de piéger n'importe quoi n'importe comment !

 

Arrivé en France en 2004 par le port de Bordeaux dans des poteries chinoises, le frelon asiatique (Vespa velutina) ne cesse de s'étendre en Europe. En France, il est particulièrement présent en Bretagne. Cette espèce invasive constitue une menace pour l'apiculture, d'où la nécessité de lutter contre sa prolifération. Malheureusement, les piégeages sauvages sont souvent peu efficaces et ils affectent d'autres espèces, plus rares et à protéger !

Le frelon asiatique consomme de nombreux insectes (dont les abeilles) et des araignées autochtones. De son côté, le frelon européen, essentiel à l'apiculture car il est le prédateur d'un des parasites des ruchers, et n'attaque que peu les abeilles, est très affecté par le piégeage du frelon asiatique.

C'est pourquoi la Direction générale de l'Alimentation déconseille depuis 2013 le piégeage, en dehors des ruchers et, à l'exception des réseaux de surveillance, en dehors des zones envahies.

Les différents types de pièges existant ne montrent pas une sélectivité suffisante, et ils affectent gravement l'entomofaune locale. A titre d'exemple, une étude réalisée en 2009 par la Société Linnéenne de Bordeaux a montré que 15 pièges avaient capturé 93 frelons asiatiques et…16 000 autres insectes ! Un suivi scientifique des captures est donc nécessaire. Les personnes qui posent des pièges doivent relever le nombre d'insectes piégés en les distinguant (frelons, mouches, papillons…) et transmettre l'information à leur commune. Le piégeage actuellement réalisé risque au final de favoriser l'espèce envahissante en fragilisant son seul compétiteur possible qu'est le frelon européen.

Pour ces raisons, différents départements (Lot-et-Garonne, Loire-Atlantique…), après avoir mis en place des campagnes systématiques de destruction des nids, se refusent désormais au piégeage massif.

 

 Pour limiter l'impact du frelon asiatique sur les ruches, il faut :

         • poser des pièges uniquement au niveau des ruchers attaqués, entre juin et septembre. Seul le piégeage du mois de juin peut avoir un effet sur la survie des colonies de frelons avoisinant un rucher. Il est préférable d'utiliser un piège à sélection physique et un appât le plus sélectif possible (comme le jus de cirier) et de le concevoir pour permettre la fuite des petits individus (http://anti-frelon-d-asie-jp33.over-blog.com/article-piege-tres-selectif-pour-la-grande-serie-67774423.html).

         • essayer de détecter les nids le plus tôt possible pour les détruire entre avril et juin. Les observations montrent que le frelon asiatique s'implante surtout en milieu urbain.

         • détecter précocement l'arrivée du frelon asiatique dans les zones non encore envahies pour essayer de détruire les colonies rapidement et ralentir la propagation de l'espèce.

D'autres méthodes de limitation d'impact sont en cours d'évaluation, comme les « muselières » anti-frelons (dans une structure grillagée autour des ruches). Des recherches se poursuivent aussi pour trouver des appâts attractifs plus efficaces et plus sélectifs.

(Source : Bretagne Vivante, 25 mai 2016)

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