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LA DISPARITION DES OISEAUX S’ACCÉLÈRE

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Selon L'INPN (Inventaire national du Patrimoine naturel), les populations d'oiseaux sauvages en France se réduisent de façon alarmante. Les chercheurs du Muséum national d'Histoire naturelle et du CNRS arrivent au même constat : en moyenne sur l'ensemble du territoire, l'avifaune française s'est réduite d'un tiers en 15 ans. Au vu de l'accélération des pertes au cours des deux dernières années, cette tendance est loin de s'infléchir…

 

L'indicateur de l'Observatoire National de la Biodiversité sur l'évolution des populations d'oiseaux communs spécialistes qui se base sur le suivi temporel des oiseaux communs (STOC) a été mis à jour. Le STOC est un des programmes de sciences participatives de Vigie-Nature qui s'intéresse au suivi des espèces d'oiseaux les plus communes de France métropolitaine. Les derniers résultats concernent 2016 et 2017. Ils dessinent un paysage métropolitain de plus en plus déserté par les oiseaux.

Sur le long terme (période 1989-2017), la chute de la présence d'oiseaux est de 33 % pour les espèces des milieux agricoles et de 30 % pour les zones bâties. L'accélération récente de la raréfaction d'oiseaux dans les campagnes est particulièrement inquiétante (-10 points pour l'indice d'abondance entre 2015 et 2017). Elle est sans doute liée à l'effondrement du nombre d'insectes (voir l'étude : (http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0185809)

Les espèces d'oiseaux spécialistes tels l'alouette des champs, la fauvette grisette, la linotte mélodieuse, le pipit farlouse, la perdrix grise ou le bruant ortolan, ont perdu en moyenne un individu sur trois en quinze ans.

Même les populations d'oiseaux généralistes, ceux qui vivent dans tous les types de milieux, dont l'augmentation venait « contrebalancer » la disparition des oiseaux spécialistes avec une tendance globale de + 19 % sur la période longue 1989-2017, n'augmentent plus depuis 2006. L'indice accuse même une chute de 14 points depuis 2011.

Du fait des pratiques de l'agriculture intensive (les surfaces dédiées à la monoculture n'ont cessé d'augmenter en France), la biodiversité avicole s'effondre dans  les campagnes et notamment les plaines céréalières. Vu que tous les oiseaux du milieu agricole régressent à la même vitesse, y compris les plus généralistes, cela signifie que c'est la qualité globale de l'écosystème agricole se détériore. La France n'est pas seule en cause puisque des études récentes révèlent que l'Allemagne et l'Europe auraient perdu 80 % d'insectes volants et 421 millions d'oiseaux en 30 ans !

En milieu urbain et suburbain, les jardins et les jardiniers ont plus que jamais un rôle majeur à jouer dans la protection des oiseaux, en constituant et en entretenant des zones de nidification et de nourrissage favorables.

Pour voir les statistiques de l'évolution des populations d'oiseaux, cliquez ici : http://indicateurs-biodiversite.naturefrance.fr/fr/indicateurs/evolution-des-populations-doiseaux-communs-specialistes

 

En illustration : alouette des champs (Alauda arvensis). ©photo : Neil Smith.

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