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L’AUGMENTATION DES TAXES FRAGILISE LE SECTEUR DU PAYSAGE

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Le 21 novembre dernier, après la réunion du Conseil stratégique de l'Unep - les entreprises du paysage Son président Emmanuel Mony a estimé que : « Les 28 000 entreprises du paysage sont à bout de nerfs ! ». En cause : le triplement de la TVA, la chute de la commande publique, la concurrence déloyale…
Avec 28 000 entreprises totalisant 5,25 milliards € de chiffre d'affaires, le secteur du paysage représente 92 000 actifs. 95 % de ces entreprises emploient moins de 10 salariés et malheureusement, le chiffre d'affaires moyen par actif a chuté de 10 % en 4 ans. Beaucoup d'entreprises individuelles réalisent moins de 30 000 € de chiffre d'affaires par an.
La situation s'est fortement détériorée depuis le début de l'année : -3,5 % de croissance au premier trimestre et stagnation au deuxième trimestre. Les marchés publics enregistrent une baisse record de 5 % sur le 1er trimestre et de 1 % au 2e trimestre. Par ailleurs, la chute du marché de la construction augure d'une nouvelle baisse de commandes à venir.
Alarmée par ces signaux d'alerte et par la grogne montante des entreprises du
Une fiscalité confiscatoire
La profession a le sentiment de vivre un matraquage fiscal. On observe un réel paradoxe avec l'éco-taxe censée favoriser l'économie décarbonnée. Pourquoi l'appliquer aux entreprises du paysage lorsqu'elles transportent sur des camions des arbres à planter qui vont jouer ensuite un rôle essentiel pour stocker le CO2. Les mêmes camions qui servent également à transporter les produits de la biomasse vers les plateformes de compostage. Doit-on punir les entreprises qui ont pris l'habitude de recycler leurs déchets verts ?
Le cas particulier des services à la personne est très préoccupant. En passant de 7 % à 19,6 %, et bientôt 20 %, le taux de TVA sur les prestations de jardinage à domicile a quasiment triplé. Selon une récente enquête de l'Unep, plus d'un client sur deux prévoit désormais de se tourner vers un prestataire non déclaré ou de diminuer ses demandes de prestations. 7 800 entreprises employant 11 200 actifs sont directement menacées par cette mesure.
Concurrence déloyale des auto-entrepreneurs
Les entreprises du paysage souffrent d'une dévalorisation des prestations, qu'il s'agisse de dumping social en provenance de pays à la main-d'œuvre bon marché, ou de la compétition d'auto-entrepreneurs sans qualification. Ces derniers qui s'improvisent jardiniers représentent une concurrence déloyale en matière de qualifications, de respect de la réglementation et d'assurances.
Plan Bâtiment, loi Duflot, projet de loi agricole… : où est passé le végétal ?
En début d'année, l'Unep avait publié 25 propositions pour un avenir plus vert. L'objectif : améliorer le bien-être et la santé des Français, verdir leur cadre de vie, consolider les entreprises et développer l'emploi à travers des mesures concrètes. Exemples de propositions : disposer d'un espace vert à moins de 300 m de chez soi, ou encore instaurer une contribution en faveur de la biodiversité dans la construction, favoriser les parkings végétalisés. À ce jour, aucune de ces 25 mesures n'a été prise en compte par le gouvernement.

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