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Le fret maritime et les matières premières sous tension

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Depuis quelques mois les entreprises doivent affronter la hausse simultanée du Fret et de la quasi-totalité des matières premières industrielles et agricoles. Négociations annuelles perturbées par ces pressions inflationnistes.

Tour d'horizon :

 

-        Fret : Le Freightos Baltic Index, qui mesure le coût du transport de conteneurs, a presque quadruplé en 1 an. En 2010-2011, juste après la crise financière, les prix n'avaient été multipliés que par deux.  Et ce n'est pas fini explique Philippe-Pierre Dornier, professeur à l'Essec aux Echos « Les armateurs annoncent maintenant des tarifs autour de 5 000 dollars pour les prochaines semaines, et pour juin, les projections sont à 10 000 dollars »

 

-        Matières premières : "Il faut remonter à la crise de 2008-2012 pour retrouver une situation d'ampleur équivalente", confirme l'économiste Philippe Chalmin, coordinateur du CyclOpe, la bible des matières premières. Les métaux sont allés de record en record :  cuivre, étain, nickel acier sont impactés. Sur les marchés agricoles les prix des grains sont au plus haut tant à Chicago qu'en Europe ou sur la mer Noire ; graine de soja, blé, colza, bois d'œuvre pour la construction ont vu leur cours s'envoler.

 

-        Energie : le charbon a fait un bond impressionnant. Le pétrole flirtait début mars avec la barre des $ 70 pour le baril de Brent

 

Ajoutons à cette ambiance les goulets d'étranglement rencontrés dans l'approvisionnement de produits comme les semi-conducteurs ou de certains plastiques comme le polyéthylène et vous aurez une vue assez exacte de l'ampleur du phénomène.

 

Ces tensions ont une explication assez logique : la reprise de la demande s'est faite plus vite que le retour à la normale des capacités des productions n'a été possible et cette asymétrie a provoqué des ruptures d'approvisionnement.

 

Coté prospective certains experts penchent pour une retombée des tensions dans l'année alors que d'autres formulent l'hypothèse d'une période durable de tensions jusqu'en 2025 à causes des nouvelles orientations données aux principaux plans de relance dans le sens de la transition énergétique.

 

Cette nouvelle polémique a au moins un avantage : celui de placer l'attention sur la volatilité des marchés de matières premières et de commodités et de remettre en lumière le fait que l'instabilité est sans doute la règle la plus certaine.

 

Sources : Cyclope, FBI, Essec, Challenges.

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