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LE PHÉNOMÈNE « URBAN JUNGLE » S’INTENSIFIE CHEZ LE MILLENIALS

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Le Washington Post et le New York's Nylon magazine se sont récemment posé la question de savoir si les millenials (les 25/35 ans) n'étaient pas obsédés par par les plantes d'intérieur?

Les médias sociaux fourmillent d'images de pots en terre cuite empilés sur des balcons et entassés dans l'espace situé entre le placard de la cuisine et le plafond. Une recherche rapide de #urbanjungle sur Instagram est significative de l'effet « urban jungle ».

La pratique du jardinage était jusqu'ici culturellement associée aux zones périurbaines et à la classe moyenne propriétaire, avec une forte connotation de respectabilité et de valeurs familiales. Alors, pourquoi cette tendance s'est-elle répandue dans une génération qui se targue d'être au-dessus de ces notions bourgeoises ?

Si l'on s'intéresse historiquement aux plantes d'intérieur et aux cultures en pots, on observe que leur popularité culmine durant les périodes de grand bouleversement social. Par exemple, au début de la révolution industrielle, les plantes d'intérieur ont séduit les classes moyennes qui les utilisaient pour atténuer les effets psychologiques négatifs du passage de la campagne à des paysages urbains pollués. L'évolution de l'habitat a permis de bénéficier de suffisamment de lumière et de ventilation dans les maisons pour accueillir des plantes dans des conditions correctes. Les plantes d'intérieur sont redevenues tendance dans les années 1970, puis on a progressivement assisté à leur déclin.

Le groupe de réflexion britannique The Resolution Foundation (créé en 2005) a récemment publié une étude qui montre qu'aujourd'hui les jeunes actifs sont plutôt locataires que propriétaires car ils se déplacent davantage et n'ont guère de situations stables. Dans ce contexte, les plantes d'intérieur deviennent une excellente option pour personnaliser des immeubles locatifs souvent fades. Elles constituent également un élément non négligeable dans la tendance actuelle d'une adolescence prolongée (les couples stables se forment de plus en plus tard). Les animaux familiers étant parfois interdits dans l'habitat collectif, les plantes d'intérieur représentent aussi une alternative statique à une présence vivante.

En conséquence, une nouvelle catégorie de fleuristes urbains a vu le jour pour capitaliser sur cette tendance à végétaliser les toutes petites surfaces. On voit fleurir sur le web (sans jeu de mot) des start'up qui, non seulement guident le citadin vers les plantes qui conviennent le mieux à une fenêtre ou une pièce faiblement éclairée, mais qui les fournissent et assurent un suivi auprès des métropolitains désemparés. Il existe même désormais des services de sauvetage des plantes, où à partir d'une photo envoyée depuis un smartphone, on reçoit des conseils sur la façon de les réanimer. Ces sites utilisent un langage mieux adapté à une clientèle jeune que les professionnels traditionnels, les plantes étant par exemple présentées avec des prénoms et les jardiniers amateurs devenant des « parents de plantes ».

En prenant soin de ses plantes qu'il honore d'un vrai nom, le jardinier « millenial » développe un lien personnalisé avec elles. Il augmente par conséquent ses possibilités de bien les soigner et de les maintenir en vie. Il se montre aussi sensible aux arguments en faveur de l'amélioration de la qualité de l'air que l'on attribue aux plantes, l'argument de la dépollution étant toujours très utilisé en Angleterre. Le géant du bricolage Homebase a d'ailleurs lancé une nouvelle gamme de plantes d'intérieur « Air So Pure », affirmant qu'elles permettent de réduire les polluants atmosphériques jusqu'à 80% ! (même si de nombreuses études ont montré que les effets étaient beaucoup moindres dans la réalité).

En conclusion, les jeunes urbains souhaitent aujourd'hui intégrer de la verdure dans leur espace de vie dans le but de créer un lieu organique où ils se sentent bien et où ils accueillent leurs amis dans une ambiance détendue. Les plantes d'intérieur ne se limitent plus à la seule décoration elles contribuent au bien-être et au développement de la vie sociale.

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