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LE PLATHELMINTHE DE NOUVELLE-GUINÉE DÉCOUVERT EN FRANCE

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Considéré comme l'une des 100 espèces exotiques envahissantes les plus néfastes au monde, Platydemus manokwari, aussi appelé « plathelminthe de Nouvelle-Guinée », vient d'être trouvé, à Caen, identifié par une équipe internationale de chercheurs, dirigée par Jean-Lou Justine de l'Institut de systématique, évolution, biodiversité (Muséum national d'Histoire naturelle/CNRS/UPMC/EPHE).

 

Le plathelminthe de Nouvelle-Guinée découvert dans une serre du Jardin des Plantes de Caen (Basse-Normandie) a été identifié par son aspect caractéristique et par une analyse moléculaire du gène de la Cytochrome Oxydase de type I, souvent utilisé pour caractériser les animaux.

 

Platydemus manokwari consomme les escargots terrestres, mettant ainsi en danger les espèces endémiques. Bien que vivant sur le sol, il est capable de monter sur les arbres pour y suivre les escargots. Très plat, il mesure 5 cm de long et 5 mm de large. Son dos sombre (couleur olive noire) est marqué d'une bande centrale claire. La tête allongée, possède deux yeux noirs bien visibles. La bouche n'est pas située sur la tête, mais au milieu de la face inférieure du corps.

 

Le Plathelminthe de Nouvelle-Guinée habite les régions montagneuses de l'île, jusqu'à une altitude de 3 000 m. Il peut donc survivre à des températures relativement fraîches, allant jusqu'à 0 °C. C'est pourquoi il n'est pas impossible que l'espèce puisse se répandre dans le milieu naturel en France et dans une grande partie de l'Europe. Il a déjà été observé en laboratoire que ce plathelminthe est capable de consommer des escargots européens. Si Platydemus manokwari menace surtout les escargots, l'un des principaux dangers de cette espèce vient de son régime alimentaire très diversifié qui compte plusieurs dizaines d'espèces, dont des vers de terre.

 

Platydemus manokwari représente une menace nouvelle et importante pour la biodiversité en France et en Europe, qui héberge plusieurs centaines d'espèces d'escargots, dont certaines sont en danger et protégées. Il est donc important de travailler à la mise en place rapide de mesures d'éradication et de contrôle de ce Plathelminthe.

 

Bon à savoir

Les méfaits du plathelminthe de Nouvelle-Zélande (Arthurdendyus triangulatus), sont déjà connus en Europe. Cette espèce, qui a envahi tout le nord des Îles Britanniques, dont l'Écosse et l'Irlande du Nord, est responsable d'importantes diminutions des populations de lombrics (vers de terre). Afin d'éviter son extension à d'autres territoires, des mesures ont été mises en place par certains pays européens. Cette espèce n'a jusqu'ici jamais été trouvée en France.

http://inpn.mnhn.fr/

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