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LES FRANÇAIS ET LES SCIENCES PARTICIPATIVES

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Parfois appelées sciences citoyennes ou sciences collaboratives, les sciences participatives dans le domaine de la biodiversité regroupent des programmes de collecte d'informations impliquant une participation du public dans le cadre d'une démarche scientifique. Dans un processus de partenariat, elles reposent souvent sur un trinôme :

• un organisme scientifique qui élabore les protocoles et analyse les données

• une association, qui assure l'animation de la communauté de participants

• les citoyens volontaires, impliqués dans la collecte de données à grande échelle, qui effectuent des observations, des mesures, des échantillons ou comptages et les transmettent afin qu'ils soient traités et analysés.

De nos jours, si les doutes sur la transparence et l'impartialité des scientifiques se renforcent, les Français gardent un état d'esprit positif vis-à-vis de la recherche. C'est ainsi que 66 % de nos compatriotes s'intéressent à l'actualité scientifique. L'intérêt est réel dans toutes les classes d'âge, mais plus élevé au-delà de 35 ans (69 % des 35-59 ans et 70 % des 60 ans et plus, contre 59 % des 15-24 ans). Il est presque équivalent chez les hommes (69 %) et chez les femmes (63 %).

L'intérêt des Français pour les sciences participatives est manifeste. 66 % des personnes interrogées (étude IPSOS 2016) disent accepter de participer à la collecte d'informations sur l'environnement dans leur région et à les transmettre à des scientifiques pour analyse. L'intérêt pour ces nouvelles formes d'engagement est significatif dans toutes les couches de la société, quels que soient le genre, l'âge ou la profession des personnes interrogées. Il montre combien l'idée d'un investissement personnel dans des activités scientifiques séduit le grand public,

surtout dans les domaines de la santé, de la biodiversité ou du climat.

Autre levier important de mobilisation pour les sciences participatives : le sentiment de partager des savoirs. 54 % des Français se disent prêts à se joindre à des événements durant lesquels ils seraient amenés à transmettre aux plus jeunes leurs connaissances scientifiques, un niveau encore plus élevé chez les plus diplômés (64 %).

75 % de Français, soit + 6 % par rapport à 2012, estiment que les citoyens ne sont pas suffisamment informés et consultés sur les débats et les enjeux de la recherche. Ainsi, pour 87 % des Français, les sciences participatives pourraient permettre aux citoyens de mieux comprendre les enjeux de société liés aux avancées scientifiques. Et 85% estiment qu'elles sont un moyen de renforcer le

lien entre les chercheurs et les citoyens.

 

Les sciences participatives en France : dates et chiffres-clés

• 2006 : le premier observatoire participatif des papillons de jardins voit le jour, premier observatoire grand public de Vigie-Nature

• 2012 : le Comité National des Sciences Participatives en Biodiversité, constitué de 22 structures, est créé afin de coordonner l'ensemble des initiatives

• 2018 : le portail OPEN est lancé pour rendre accessible au grand public 146 observatoires dans toute la France

• 2019 : la France se situe au septième rang mondial des pays où les citoyens s'engagent le plus dans les sciences participatives, avec près de 90 000 participants actifs et 200 projets sur des centaines de taxons à l'échelle nationale ou locale.

 

3 raisons pour les scientifiques de faire appel aux sciences participatives

 Les sciences participatives permettent de récolter des données qu'il ne serait pas possible à une équipe de recherche d'acquérir avec les échelles géographiques et temporelles nécessaires. Cet appel à participation permet de pallier le manque de temps et de moyens (techniques, numériques, financiers…) pour collecter la donnée. Grâce à sa dimension participative, l'information peut s'inscrire dans la durée, ce qui correspond aux besoins de la recherche pour conduire ses travaux.

 Certaines spécialités dans le domaine scientifique sont confrontées au manque de ressources humaines compétentes en la matière. En entomologie net en botanique notamment, les formations professionnelles se raréfient, voire même disparaissent. Les sciences participatives ont donc tout leur intérêt pour mobiliser les communautés savantes au sein du grand public.

 Les sciences participatives mobilisent des savoirs personnels qui ne sont pas forcément liés à la biodiversité, mais qui sont très utiles pour améliorer les connaissances en la matière. La prise de photo et leur partage en est un bon exemple. Certains acteurs bénévoles, vivant au cœur des territoires, connaissent très bien les habitats, les sites d'intérêts à prospecter.

 

Quelques exemples concrets

Le programme Florilèges, initié en 2012 par Plante & Cité en collaboration avec Tela Botanica, l'Antenne régionale de la biodiversité d'Ile-de-France et le Muséum national d'Histoire naturelle, accompagne la gestion des espaces de nature en ville.

Un premier volet « rues » propose aux équipes techniques des espaces verts, des outils pour observer l'évolution de la flore urbaine des rues et des pratiques de gestion, en se basant sur le protocole « Sauvages de ma rue ». Cette approche répond à une demande d'accompagnement des collectivités dans leur passage au « zéro phyto ».

Le second volet « prairies urbaines » a été conçu en 2014, avec la convergence des demandes des gestionnaires et des connaissances de l'écologie scientifique.

Le protocole Florilèges participe à la réduction des coûts, en justifiant une fréquence de fauche plus faible ou un entretien moins suivi. Lorsqu'une collectivité met en place le programme, elle valorise le patrimoine prairial, menacé et fragile en ville, et contribue à replacer cet écosystème dans un contexte régional, voire national.

 

« Sauvages de ma rue » a pour objectif scientifique de connaître les espèces végétales en milieu urbain et de mieux comprendre comment la flore spontanée s'y disperse. Le protocole consiste à inventorier les espèces végétales d'un trottoir donné. Ce programme initié en 2011 mobilise aujourd'hui participants 1 700. Des mesures concrètes de protection ont été mises en place grâce à cet observatoire toujours actif.

Le volet « sensibilisation » de ce programme est très important car il permet de faire évoluer le regard et aide à faire accepter la flore spontanée en ville, et donc à la préserver. Quelques communes relayent ce programme avec pour objectif de sensibiliser les citoyens à la biodiversité en ville.

 

« Spipoll » étudie les réseaux de pollinisation, à savoir les interactions complexes entre plantes et insectes, mais aussi entre les visiteurs des fleurs eux mêmes. Près de 1 600 personnes ont collecté 361 832 photos, ce qui équivaut à un équivalent temps plein pendant plus de 11,5 ans !

 

« Oiseaux des jardins »

L'objectif est de: mieux connaître les oiseaux qui fréquentent les jardins (privés, publics et balcons) et les raisons qui les poussent à s'y rendre. 52 000 participants ont collecté : 3 224 000 données depuis 2012. Cela a permis entre autres de montrer que le nourrissage des oiseaux dans les jardins en hiver dans les zones d'agriculture intensive est réellement utile car ils ne trouvent plus de graines dans les champs et se reportent donc dans les jardins. Ainsi, dans ces zones, le nourrissage représente une vraie mesure de conservation pour certaines espèces.

https://www.open-sciences-participatives.org/home/

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