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L’UPJ MET EN GARDE SUR L’AVENIR DES VÉGÉTAUX

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Mardi 24 novembre, Une semaine avant la COP 21 (Paris du 30 novembre au 11 décembre), l'UPJ (Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des Espaces Publics) a organisé une conférence de presse sur les défis auxquels est actuellement confrontée la filière jardin et espaces publics. La COP 21 offre aux dirigeants du monde entier l'opportunité de réfléchir ensemble aux solutions concrètes qui permettront de diminuer les impacts sur le changement climatique. À ce sujet, le rôle écologique des végétaux dans les villes et les jardins est positif car ils refroidissent et dépolluent.

 

Une climatisation naturelle

Comme le souligne le professeur en biologie végétale, Jean-Marie Pelt, dans la brochure « Les jardiniers se mobilisent pour le climat », éditée par l'association Pacte pour le Jardin, peu de personnes savent que : « les végétaux transpirent et refroidissent le microclimat de nos jardins, limitant ainsi les effets délétères des canicules, que nous subissons depuis quelques années ».

Le processus d'évapotranspiration refroidit l'atmosphère de façon si efficace qu'en été une zone recouverte de pelouse est de 6 à 9 °C moins chaude que les zones bétonnées (Maryland Turfgrass Survey – An economic Value Study, 1996). Par ailleurs, les espaces goudronnés couverts d'arbres vieillissent moins vite car en été, protégés des fluctuations de température, leur dégradation est ralentie. De même, les bâtiments entourés d'arbres se montrent moins sensibles aux différences de température. Ils exigent donc moins d'énergie pour les chauffer ou les refroidir selon la saison. Dans un contexte de réchauffement climatique, cet effet » oasis » procuré par les plantes apporte un réel confort de vie aux habitants, tout en assurant d'importantes économies d'énergie.

 

Une dépollution avérée

Le professeur Jean-Marie Pelt insiste aussi sur le fait que : « les végétaux fixent aussi le gaz carbonique de l'air émis par les combustibles fossiles, directement issus de nos utilisations ». Grâce à la photosynthèse, les plantes absorbent le gaz carbonique de l'air et rejettent l'oxygène dans l'atmosphère. Elles jouent donc un rôle capital de « puits de carbone » favorable au climat et elles améliorent la qualité de l'air que nous respirons en réduisant la concentration de CO2.

Une étude britannique (Dr. Ir. J.A. Hiemstra, Ir. E. Schoenmaker- van der Bijl, Drs. A.E.G. Tonneijck, Les arbres, une bouffée d'air pur pour la ville, février 2008) estime que doubler la quantité d'arbres dans certaines régions permettrait une meilleure absorption des particules polluantes, sans oublier qu'à l'échelle de la planète, les gazons emprisonnent annuellement environ 12 millions de tonnes de microparticules.

 

La loi qui fragilise les végétaux

Guillaume Roth, Président de l'UPJ a rappelé que l'article 68 de la loi de Transition Énergétique prévoit la suppression des produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse pour les collectivités dès 2017 et à partir de 2019 pour les particuliers. Cette mesure risque de favoriser la désertification des espaces urbains en faisant disparaître des espèces de végétaux vulnérables aux bioagresseurs : maladies et ravageurs. Grande sera la tentation de céder au nouveau concept des « jardins minéraux ». ET Jacques My, Directeur Général de l'UPJ, d'enfoncer le clou : « Aujourd'hui, les urbanistes et les jardiniers qui pensent la ville de demain se voient contraints d'abandonner les végétaux et de les remplacer par des jardins minéraux, à l'aspect gris et lunaire, ou des gazons synthétiques ».

 

Une punition injuste et accablante

C'est en ces mots que les professionnels du secteur jardin ressentent les futures lois d'interdiction car la filière développait : « une démarche positive, concrète et efficace ». En effet, entre 2008 et 2013, en dehors de toute obligation législative, les volumes de substances actives ont diminué de 25 % dans les jardins et les espaces publics, preuve concrète des efforts entrepris par la profession. De plus, les produits dotés de la mention EAJ (emploi autorisé dans les jardins) résultent depuis 15 ans d'efforts de recherche et développement qui ont permis de proposer sur le marché de l'amateur uniquement des solutions sécurisées et spécialement adaptées aux besoins des jardiniers.

L'UPJ s'étonne que la France, pays d'accueil de la COP21, soit capable de prendre des décisions si restrictives et hâtives d'autant que les alternatives naturelles aux produits phytosanitaires n'existent pas toujours.

 

Le naturel n'est pas sans danger

Il semble utile de rappeler que « naturel » ne veut pas obligatoirement dire sans danger pour l'environnement et la santé, loin de là. De nombreux produits de synthèse ont été créés pour en pallier les limites écologiques et sanitaires.

Il est mensonger de mettre en avant la possibilité de résoudre tous les problèmes de santé des plantes sans les produits de synthèse et irréaliste de faire croire que l'entretien du jardin sera aussi facile, rapide et efficace.

L'UPJ refuse d'opposer « naturel » à « synthèse » et promeut l'alliance de ces produits évalués et dûment homologués qui, dans leur complémentarité, sont à l'heure actuelle l'unique solution pour à la fois entretenir les jardins et lutter contre les maladies et les ravageurs.

 

Du temps pour trouver des alternatives

Engagée pour un jardinage responsable et respectueux de l'environnement, l'association de professionnels rappelle que la France applique la directive européenne du 21 octobre 2009 sur l'utilisation des produits phytosanitaires, de la manière la plus coercitive qui soit. Le premier article de cette directive instaure un cadre pour parvenir à une utilisation compatible avec le développement durable, en réduisant les effets sur la santé humaine et l'environnement tout en encourageant les méthodes alternatives. Or, contrairement aux autres états membres, qui mettent en œuvre une politique d'utilisation durable, les parlementaires français ont voté une loi visant à aboutir au « zéro phyto » à des échéances si courtes qu'elles ne laissent pas le temps de mettre en place des alternatives appropriées.

Il faut 10 ans pour créer un nouveau produit adapté, aussi les délais raccourcis pour la mise en place de la loi équivalent à condamner de nombreuses espèces végétales qui connaissent des problèmes de santé très préoccupants, tels les buis, les platanes, les frênes, etc.

Et Guillaume Roth de conclure :

« L'avenir des villes européennes de plus en plus polluées et embouteillées est dans la végétation plantée et entretenue. La COP 21 est un événement clef pour tenter de réduire l'impact collectif sur le climat. Mais, en supprimant les produits qui aident au développement des plantes et des arbres sains, les parlementaires ont voté la dégradation des conditions de vie des urbains, qui apprécient les espaces publics et les jardins. Véritables poumons dépolluants, ces derniers constituent des sas de détente et de loisirs tout en améliorant la santé des citadins au quotidien. »

www.upj.fr

 

En illustration : une attaque destructrice de pyrale du buis.

©Photo : www.map-photos.com - N. & P. Mioulane

 

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