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MENACE SUR LES ARBRES DU BORD DES ROUTES

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Parmi les mesures décidées récemment par le gouvernement pour tenter d'améliorer la sécurité routière, une annonce est passée quasiment inaperçue car elle n'a pas été relayée par les médias. Les préfets vont devoir dresser rapidement une liste exhaustive des arbres d'alignement « situés trop près des routes ». Bien que le ministère de l'Intérieur ne fournisse aucun chiffre sur le sujet, les arbres sont accusés d'augmenter le nombre des victimes de la route. À croire qu'il n'existe par d'autres obstacles sur lesquels une voiture peut s'écraser…

Les plantations d'arbres destinés à ombrager les routes remontent au xixe siècle, aux années 1930, et juste après la dernière guerre. Cela en fait des éléments structurants du paysage. Dans le sud de la France et la région Centre, notamment le Loiret, les conseils généraux sont en pointe dans la lutte contre les arbres, détruisant sans vergogne les paysages et un patrimoine vivant d'une grande richesse.

Et pourtant... Diverses études ont mis en évidence l'effet positif des arbres pour la sécurité routière. Il est lié notamment à leur capacité à signaler efficacement les virages, les carrefours, les entrées d'agglomération et à rendre la vitesse perceptible par le défilement des troncs. L'aspect esthétique des arbres d'alignement contribue également à un abaissement significatif de la vitesse pour mieux en profiter.

Il est tout à fait possible de protéger les automobilistes imprudents en posant des rails de sécurité devant les alignements, sans avoir à les éliminer. Il faut également signaler que divers pays : Allemagne, Grande-Bretagne, Luxembourg, République tchèque et Suède entre autres ont placé les arbres d'alignement sous la protection de la loi pour leur rôle écologique, paysager ou culturel.

Sous le couvert d'un discours sécuritaire, il semble que les politiques soient surtout enclins à éliminer les arbres pour libérer de l'espace destiné à enfouir des réseaux de fibres optiques le long des routes sans empiéter sur les terres agricoles, ce qui coûterait des sommes astronomiques aux opérateurs car l'opération est impossible à réaliser à proximité des arbres, vu l'importance de leur système racinaire.

Vu les milliers de kilomètres encore bordés d'arbres, on peut craindre une « déforestation massive » preuve que les problèmes environnementaux et les fameuses « menaces sur la planète » pèsent peu devant les enjeux technologiques, économiques et politiques.

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