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UNE ÉTUDE D’IMPACT DE LA VILLE SUR LES ABEILLES SAUVAGES

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On compte en France plus de 900 espèces d'abeilles sauvages (2 500 en Europe) dont beaucoup accusent un net déclin, comme les bourdons. Les chercheurs de l'Inra (Institut national de la recherche agronomique), en collaboration avec l'association naturaliste Arthropologia, ont conduit la première étude exhaustive en Europe pour évaluer l'impact de l'urbanisation sur la communauté d'abeilles sauvages. Ils en ont publié les résultats le 14 août dernier.

Pour qu'une espèce d'abeille soit présente en milieu urbain, elle doit y trouver des ressources alimentaires et des sites de nidifications adéquats. Certaines abeilles nichent dans le sol, d'autres dans des cavités situées au-dessus du sol. En plus du comportement de nidification, chaque espèce d'abeille a ses propres caractéristiques biologiques ce qui explique qu'elles répondent différemment à l'urbanisation.

Dans le cadre du programme européen LIFE Urbanbees, la communauté d'abeilles sauvages (291 espèces) a été étudiée sur 24 sites le long d'un gradient d'urbanisation dans le Grand Lyon. Ce programme, lancé en 2010 pour une durée de 5 ans, est conduit par l'Inra d'Avignon, en partenariat avec l'association naturaliste Arthropologia, les villes de Lyon et de Villeurbanne, l'université de Lyon et le Natural History Museum de Londres. Il est cofinancé par l'Union Européenne, le Ministère de l'Ecologie, la région Rhône-Alpes, le Grand Lyon et l'enseigne de jardineries botanic®.

Pendant deux ans et sur une base mensuelle, les abeilles ont été échantillonnées avec des coupelles colorées laissées actives pendant 24 heures et des filets disposés sur toutes les plantes en fleurs dans un rayon de 100 m autour des coupelles. Afin d'étudier les changements de composition de la communauté, les chercheurs ont pris en compte différentes caractéristiques des abeilles : statut hôte/parasite et mode de nidification.

Les abeilles sauvages comme les bourdons ou les mégachiles sont mal connues bien qu'elles constituent des insectes pollinisateurs dont le rôle clé est aujourd'hui de plus en plus avéré. Avec plus de 900 espèces en France, les abeilles constituent un groupe très diversifié, puisqu'elles dépassent le total de nos effectifs d'espèces de batraciens, reptiles, oiseaux et mammifères réunis ! Cependant le déclin des abeilles en Europe est maintenant bien établi, notamment celui des bourdons.
L'urbanisation est considérée comme une cause majeure de la perte de biodiversité car elle provoque des altérations drastiques et irréversibles des habitats. Le paysage urbain est défini comme une mosaïque de surfaces imperméables (bâti, parking et routes par exemple) et de surfaces perméables (jardins, haies) qui sont régulièrement perturbées. La proportion de surface imperméable et la connectivité des milieux, qui sont deux éléments clés pour la faune sauvage.

L'étude a montré que l'abondance des abeilles était négativement corrélée avec l'urbanisation, alors que la richesse spécifique atteignait un maximum dans les milieux périurbains où les jardins sont bien présents (50 % de surface imperméable dans un rayon de 500 m). Toutefois, la grande diversité d'abeilles sauvages répertoriée au centre des villes (60 espèces) montre que même des milieux très urbains peuvent, avec une gestion appropriée, constituer des milieux intéressants en terme d'écologie et de conservation des abeilles en raison des relations mutualistes qu'elles entretiennent avec la flore sauvage et cultivée (pollinisation). La diversité des abeilles sauvages en ville en fait aussi un groupe phare pour sensibiliser la population urbaine à l'écologie et aux services écosystémiques, en lui montrant que la biodiversité se retrouve partout dans son quotidien.
www.inra.fr

Légende photo : bourdon (Bombus terrestris) ©www.map-photos.com – N. & P. Mioulane

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