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LE PACTE POUR LE JARDIN S’ÉLÈVE CONTRE LE PLAN ÉCOPHYTO 2 +

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L'entrée en application depuis le 1er janvier 2019, la loi Labbé limite aux seuls produits de biocontrôle, produits à faible risque, et produits UAB (Utilisable en Agriculture Biologique) l'autorisation de vente, d'usage et de détention pour les jardiniers amateurs. Or, le plan Ecophyto II + revoit à la baisse les budgets dédiés à l'épidémiosurveillance, et de ce fait, la filière JEVI (Jardins, Espaces végétalisés et Infrastructures) risque d'être fortement impactée.
Un projet d'arrêté Jardin a été soumis aux fabricants de produits EAJ (Emploi Autorisé dans les Jardins), abrogeant les deux arrêtés de décembre 2010, l'un sur les classements rédhibitoires pour les amateurs, l'autre sur les emballages autorisés pour les utilisateurs non professionnels. Ce projet augmente la liste des classements prohibés, et interdit les « poudres sous forme de poudrage » ainsi que « les produits se présentant sous forme de poudre mouillable à l'exception des unidoses ». Sa mise en œuvre en l'état réduirait fortement l'offre de solutions disponibles en fongicides et insecticides (1/4 des produits de la liste de biocontrôle) et menace la bouillie bordelaise à court terme. La publication de cet arrêté est prévue en septembre prochain pour une entrée en vigueur en janvier 2020.
Un scénario de « zéro phyto total » dans les zones non agricoles se dessine tant à travers le plan Ecophyto II +, et la rédaction de son Axe 4 : « supprimer l'utilisation des produits phytosanitaires partout où cela est possible, dans les jardins, les espaces végétalisés et les infrastructures ». Cette position s'est renforcée par le positionnement du ministère de la Transition écologique, lors par exemple de la présentation aux journées ITAB (Institut Technique de l'Agriculture Biologique) d'avril 2019 intitulée : « vers le ZP total ? interdire les produits de biocontrôle et UAB » ou par la promotion du label « Terres saines » dans les espaces verts.
De telles perspectives mettent en question l'avenir de la gestion des bioagresseurs en ville, la santé des végétaux dans les jardins, et la qualité sanitaire du potager et du verger.

Le Pacte pour le Jardin propose que soient réalisés avant toute nouvelle évolution législative ou réglementaire :
• Un état des lieux des problématiques sanitaires prioritaires. Un groupe de travail réunissant experts, scientifiques, fabricants de produits phytopharmaceutiques et décideurs politiques pourrait établir la liste des bioagresseurs et des végétaux menacés, ainsi que les usages non couverts depuis le 1er janvier 2019.
• Une stratégie nationale de déploiement du biocontrôle qui intègre pleinement les JEVI. Aujourd'hui, seuls 104 produits portant la mention EAJ sont inscrits sur la liste de la Direction générale de l'Alimentation (DGAL). Il faut non seulement les maintenir à disposition des jardiniers, mais aussi soutenir la recherche et l'innovation pour accroître la diversité de solutions efficaces et le nombre d'usages couverts. Il faut aussi mobiliser des moyens pour renforcer l'épidémiosurveillance des jardins d'amateurs et accompagner les particuliers dans l'évolution des bonnes pratiques de jardinage.
Le Pacte pour le Jardin rappelle l'importance des enjeux économiques et environnementaux d'un jardin en bonne santé. L'Association alerte également sur les risques que des jardins, devenus foyers de contamination, feraient courir aux cultures professionnelles par un transfert des bioagresseurs vers les zones agricoles, dans une période de réduction générale d'utilisation des produits phytosanitaires. Il ne faut pas que les jardins et les espaces verts deviennent à terme les « mauvais élèves » accusés d'avoir hébergé et multiplié des sources de bioagresseurs (faute de moyens efficaces pour les contrôler).
Il faut également mettre l'accent sur le fait que la réduction drastique des moyens de lutte entraîne de facto des phénomènes de résistances. Les produits de biocontrôle agissant uniquement par contact, la résistance des bioagresseurs augmente du fait de la diminution du nombre de modes d'action disponibles et, par voie de conséquence, de la surexploitation de ceux qui restent.
Le Pacte pour le Jardin propose aussi de travailler avec tous les organismes concernés et notamment l'ITAB (institut technique de l'agriculture et de l'alimentation biologique) qui a en charge les dossiers de demande d'homologation, afin de mettre rapidement à disposition des jardins et des jardiniers, des molécules utilisées en agriculture biologique et encore absentes de la liste officielle EAJ.

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