Etudes et Chiffres

LES FRANÇAIS, LA CRISE ET LE CONFINEMENT

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L'épidémie de coronavirus et le confinement décrété pour tenter de l'endiguer ont plongé les Français dans une situation inédite. Pour faire le point et comprendre le ressenti et mieux cerner la situation de nos compatriotes, l'ObSoCo (Observatoire de la Société de Consommation) a réalisé une enquête en ligne sur le panel Respondi du 18 au 25 mars 2020. L'étude a été conduite sur la base d'un échantillon de 4 000 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans. Afin de garantir la représentativité de l'échantillon, des quotas ont été établis sur la population globale interrogée suivant les critères suivants : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région de résidence, taille de l'unité urbaine de résidence et niveau du diplôme le plus élevé
.
L'aspect le plus évident de cette situation réside dans les fortes restrictions apportées à la liberté de mouvement. Selon les résultats de l'enquête quantitative, pas moins de 82 % de la population de 18 à 75 ans se trouvent ainsi confinés. Seuls 30 % des actifs - soit 18 % des Français de 18 à 75 ans - continuent de se déplacer pour l'exercice de leur activité professionnelle. Le confinement est plutôt bien accepté : 55 % des personnes interrogées considèrent les mesures adoptées par le Gouvernement comme « appropriées » et 41 % les estiment même « insuffisantes ». Seuls 4 % les jugent « excessives ».
Situation de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans pendant les deux premières semaines de confinement
Actifs qui continuent de sortir pour travailler : 18 %
Actifs en arrêt / chômage partiel : 25 %
Actifs en télétravail : 16 %
Inactifs / chômeurs : 42 %

L'inquiétude pour soi-même et plus encore pour les autres
11 % de Français déclarent avoir été touchés par le coronavirus (ou tout du moins ont le sentiment de l'avoir été), ce qui représenterait près de 4 millions de personnes ! Si l'on y ajoute les individus qui disent connaître des personnes qui ont été ou sont atteintes par la maladie, c'est un Français sur trois qui, directement ou indirectement, réellement ou de manière plus ou moins fantasmée, est confronté au coronavirus et pour lequel l'épidémie devient une réalité palpable.

Les Français s'inquiètent. Nombre d'entre eux n'ont réellement pris au sérieux la menace épidémique qu'une fois annoncées les mesures de confinement, qui, du coup, ont parfois provoqué des réactions de sidération. 62 % des répondants se déclarent inquiets pour eux-mêmes. Mais, c'est surtout pour leur entourage que les Français s'inquiètent (86 % des personnes interrogées), en particulier pour les personnes âgées ou dont ils savent
la santé fragile.
Le sentiment d'inquiétude est d'autant plus fort qu'en dépit de la fréquence de l'information communiquée sur la létalité de la maladie (surévaluée car ne se rapportant qu'aux cas déclarés), les Français interrogés sont très nombreux à surestimer le taux de mortalité, qu'ils évaluent en moyenne à près de 8 %.

Une mise en doute de la pertinence de la gestion de crise par la puissance publique
Face à des situations de crise, l'intensité du sentiment d'inquiétude dépend aussi de la confiance que l'on accorde aux dirigeants pour définir et mener à bien les actions qui s'imposent. Or, rappelons que notre époque est marquée par une défiance massive à l'égard du politique. Dans ces conditions, l'exécutif pourrait considérer comme rassurant que 45 % des Français ayant participé à l'enquête évaluent positivement la gestion de l'épidémie par les autorités. Mais seulement 5 % la considèrent comme « très bonne » et, surtout, 49 % l'estiment « mauvaise ».

Les inquiétudes relatives à la suite des événements
Outre l'évolution de l'état sanitaire et du nombre de victimes, cette crainte porte sur les conséquences économiques et sociales à moyen et long terme du confinement et de l'arrêt de l'activité économique. 43 % des actifs ayant participé à l'enquête quantitative sont confinés à domicile, sans activité professionnelle. Pour la plupart d'entre eux se pose maintenant la question des conséquences de la perte de leur revenu, qu'elle soit totale (les artisans, les commerçants, les restaurateurs, les étudiants salariés...) ou partielle (les salariés mis en chômage technique).

La pandémie de coronavirus ébranle les bases de la modernité avancée
Pour les Français interrogés, c'est bien notre modèle de développement qui est mis en cause. Ainsi, 85 % des répondants se disent d'accord avec l'idée que « le coronavirus met en évidence les limites de notre système de développement ». C'est peu de dire que le confinement bouleverse les habitudes et conduit à des changements dans les modes de vie. Et cela pourrait durer. D'ores et déjà, 56 % des Français interrogés lors de l'enquête quantitative se disent convaincus qu'une fois la pandémie terminée, certaines de leurs habitudes vont changer.
http://lobsoco.com

 

Pour voir les détails de l'étude cliquer ici :

 

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