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ANIMAUX DE COMPAGNIE

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La réglementation internationale concernant l'étiquetage des petfood et la sécurité alimentaire des ingrédients entrant dans leur composition, n'est pas uniforme. L'Europe est, sur tous les plans, la mieux équipée et la moins permissive pour protéger les consommateurs. La France est encore plus stricte, mais il faut signaler que certains pays tiers, pourtant producteurs, n'appliquent aucune réglementation.
Suite à la vache folle et la crise mondiale qui en a découlé, les Européens ont créé de nouvelles normes réglementaires sur l'alimentation animale pour protéger le consommateur (aussi bien l'être humain que les animaux de compagnie) en commençant par la distinction des produits animaux en trois catégories. Cette catégorisation évite que les sous-produits animaux ne puissent retourner dans la chaîne alimentaire humaine. Elle fixe aussi les conditions pour que seuls les intrants qui ne présentent aucun danger pour la santé humaine entrent dans la filière de l'alimentation de nos chiens et de nos chats.
• Catégorie 1 : ce sont les matières qui présentent un risque important pour la santé publique et la santé des élevages : risque d'EST (?encéphalopathies spongiformes transmissibles ou maladies à prion), MRS (matières à risques spécifiés), risque de présence de substance interdite ou d'un contaminant pour l'environnement, risque sanitaire émergent, maladies contagieuses... Ces matières doivent être collectées, transportées et identifiées sans retard et sont détruites par incinération. Les bêtes déjà mortes, malades, etc. sont transformées en farines animales et brûlées.
• Catégorie 2 : ce sont les matières qui comprennent les sous-produits animaux présentant un risque pour la santé publique (risque sanitaire classique tel que celui véhiculé par les animaux arrivés morts à l'abattoir, produits d'origine animale contenant des résidus de médicaments vétérinaires par exemple…). Ces produits sont retirés de l'alimentation humaine et animale, transformés en farine et valorisés en vue de certaines utilisations autres que l'alimentation des animaux (engrais organiques, conversion en biogaz, compostage...)
• Catégorie 3 : ce sont les matières qui ont été initialement déclarées saines pour l'alimentation humaine par les services vétérinaires présents sur les chaînes d'abattage, mais pour lesquelles l'abattoir n'a pas d'autorisation de commercialisation (parce que ce sont soit des produits que l'homme ne veut pas consommer pour des raisons de goût, de coutumes ou de simples habitudes, soit des produits excédentaires de l'abattage comme les os, dont une petite partie seulement sera transformée en gélatine pour l'espèce humaine).
Par nature, ces coproduits ne présentent pas de risque sanitaire pour la santé animale@ ou la santé publique et sont les seuls qui peuvent être valorisés en alimentation animale.
Signalons que les producteurs de petfood situés en dehors de @@& l'Europe (les Amériques dont le Canada, l'Asie...) n'ont aucune obligation à ne pas mélanger par exemple des animaux morts dont l'origine n'est pas connue (catégorie 1) et sans contrôle sanitaire, avec des viandes provenant d'animaux sains (catégorie 3).

Par ailleurs, la réglementation européenne impose d'utiliser un langage ou des visuels qui soient ni trompeurs, ni exagérés, ni mensongers. Par exemple, illustrer un packaging de petfood avec un filet de poulet, un poulet prêt à cuire ou une entrecôte pourrait être considéré comme trompeur par le législateur, car ces produits sont destinés à la consommation humaine. Ces symboles sont donc interdits pour les fabricants français, mais leurs concurrents Américains les utilisent sans difficulté, tout en bénéficiant d'accords commerciaux qui laissent entrer leurs produits sur notre territoire.
Notez aussi qu'une viande séparée mécaniquement de l'os, ne peut pas être dénommée « viande fraîche » car elle risque de comporter encore quelques débris d'os. Sur un packaging européen, on devra donc écrire : « Volaille fraîche » et non « viande fraîche », alors que les produits provenant de l'extérieur de l'Europe mentionneront « viande fraîche » sans aucun désagrément. La France ses montre encore plus exigeante : une « viande fraîche » ne peut pas avoir été congelée avant la production de la croquette, tandis qu'en Allemagne (par exemple) oui.

On observe aussi des incohérences dans les recettes… Les pourcentages de nutriments affichés sur les paquets de croquettes peuvent être éloignés de la réalité. Certains produits abusent les consommateurs dans les pourcentages qu'ils affichent, en mettant en avant les produits frais dont la teneur en eau fait que leurs apports en protéines sont nettement dilués et difficilement vérifiables. Ainsi, de très hauts pourcentages annoncés en produits frais, se traduisent dans la réalité par des apports beaucoup plus bas des cinq constituants alimentaires de base (protides, lipides, glucides, vitamines, minéraux...) qui sont les vrais critères permettant d'évaluer la qualité d'une alimentation animale.
(Informations communiquées par Éric Charles, vétérinaire nutritionniste, ancien président de la Facco, aujourd'hui responsable de la nutrition chez Lapsa). Plus d'information sur www.data-proved.com, Centre de recherche indépendant pour la
nourriture des animaux de compagnie.

 

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