Flash Infos

ANIMAUX DE COMPAGNIE ET COVID-19 : LES MESURES D’HYGIÈNE

Facebook Twitter LinkedIn
Imprimer

Dans le cadre de la pandémie due au Sars-Cov-2, qui est le virus responsable de la maladie Covid-19, des questions ont été posées concernant le comportement à avoir vis-à-vis des animaux de compagnie. L'Académie nationale de Médecine, qui rassemble médecins et vétérinaires, a demandé à sa cellule de veille scientifique Covid-19 de faire quelques recommandations sur le risque à côtoyer un animal domestique ou pour ce dernier le risque d'être contaminé.

 

Parce qu'ils sont spécifiques à des espèces ciblées, la grande majorité des coronavirus présents chez les animaux de compagnie (tels les animaux de ferme) ne présentent aucun danger pour l'Homme. Seuls certains coronavirus (Betacoronavirus), dont le réservoir naturel est la chauve-souris, possèdent la capacité à franchir la barrière d'espèce et de déclencher une maladie (zoonose) chez l'Homme, et même parfois d'être source d'une épidémie (Sras en 2003 ; Mers en 2012 ; et Covid-19 en 2020).

À ce jour, il n'y a pas de preuve scientifique sur le risque de contamination de l'Homme par le virus Sars-Cov-2 à partir des animaux domestiques, ni sur le risque de contamination avec réplication et forte excrétion virale d'un animal domestique à partir d'un malade souffrant du Covid-19.

Ces risques ne peuvent toutefois pas être écartés pour les raisons suivantes :

Le virus responsable du Covid-19 est proche du Sars-CoV qui avait été responsable de l'épidémie de Sras en 2003. Le Sars-CoV a pu être isolé chez plusieurs espèces animales dont le chien viverrin et le chat ou même infecter expérimentalement des furets et des rongeurs (cobayes et hamsters), le plus souvent sans signes cliniques.

La possibilité d'un portage du virus par les animaux de compagnie est évoquée depuis la découverte à Hong Kong de deux chiens positifs dont les propriétaires étaient affectés par le Covid-19. Le suivi du premier chien placé en quarantaine pendant 14 jours à partir du 26 février, puis testé à six reprises, a permis de noter un très faible taux de virus dans les voies respiratoires et la cavité buccale, puis des résultats négatifs ainsi que l'absence d'anticorps sériques témoignant d'une infection transitoire. La présence du virus dans les déjections n'a pas été démontrée alors qu'elles sont souvent riches en coronavirus chez les animaux réservoirs.

Le second chien testé positif le 18 mars, placé sous quarantaine et sous surveillance n'a jamais, lui non plus, présenté de signes cliniques.

Ces données scientifiques suggèrent que le Covid-19 peut se transmettre aux chiens à partir du propriétaire contaminé. Rien n'indique en revanche, que les chiens peuvent contaminer, par des aérosols ou la salive, des personnes non infectées ou d'autres animaux rencontrés (par exemple dans la rue).

 

Recommandations de l'Académie nationale de Médecine

Même si le risque d'une contamination animal-Homme par le virus est considéré par l'Organisation de la santé animale (OIE, avis du 9 mars 2020) et l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses, avis du 11 mars 2020) comme peu probable, il est recommandé de :

• Renforcer les mesures habituelles de biosécurité vis-à-vis des nombreux agents pathogènes pouvant être transmis (aérosols, salive, déjections) par les animaux de compagnie (chien, chat, furet, rongeurs notamment) et souvent ignorés du propriétaire.

• Il importe de se laver fréquemment les mains lorsque l'on s'occupe de l'animal (litière, promenade, alimentation, etc.), surtout s'il a été caressé, et il ne faut pas le laisser nous lécher le visage.

• Séparer de son animal de compagnie le propriétaire atteint par le Covid-19 pendant la période où le malade peut être excréteur du virus. Autant que possible, il faudrait instaurer une quarantaine permettant de limiter tout contact rapproché de l'animal avec les autres membres de la famille (animal dans la chambre, par exemple).

Ces recommandations ne doivent pas faire oublier que :

• Dans un foyer où une personne souffre du Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toit est bien plus lié aux contacts avec ce malade qu'avec l'animal de compagnie ;

• En période de confinement, l'animal de compagnie est bien plus un ami qu'un danger.

http://www.academie-medecine.fr/

©photo : N. & P. Mioulane / NewsJardinTV – Jardimiou

Haut de page