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DE NOUVELLES DONNÉES SUR LE FRELON ASIATIQUE

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Dans le cadre de son programme de sciences participatives, le Muséum national d'Histoire naturelle a lancé un avis de recherche sur le frelon asiatique, considéré comme une espèce invasive. Vespa velutina nigrithorax a été introduit en France il y a plus de 10 ans. C'est un prédateur avéré de l'abeille domestique, il consomme également une grande variété d'autres insectes et d'araignées. Il est classé depuis 2012 comme « danger sanitaire » au titre du Code rural et « espèce exotique envahissante » au titre du Code de l'environnement français.

Parallèlement, une collaboration entre des chercheurs du Muséum national d'Histoire naturelle, du Laboratoire Évolution, Génomes et Spéciation (IRD-CNRS) de Gif-sur-Yvette, de l'American Museum of natural History et des chercheurs népalais, chinois et indonésiens, a permis de mettre en évidence de nouvelles données sur les variations de couleurs de cette espèce invasive.

 

La livrée de nombreuses espèces animales joue un rôle important, notamment pour attirer un partenaire sexuel, se camoufler ou avertir les prédateurs de sa toxicité. Chez les guêpes et les frelons, la signification de ce message est évidente : attention, je pique ! L'acquisition de ces couleurs d'avertissement, dites aposématiques, implique une contrainte sélective : l'animal doit être reconnu comme non-comestible par ses prédateurs. Pourtant, la coloration d'une même espèce de frelon peut varier considérablement selon les régions, ce qui a entraîné longtemps des erreurs d'identification et des confusions dans la taxonomie des espèces.

 

Ce phénomène est particulièrement marqué chez le frelon à pattes jaunes Vespa velutina, dont l'invasion en France a débuté il y a dix ans. Dans son aire d'origine, le sud-est asiatique (du Pakistan au Sulawesi, en passant par la Chine), cette espèce présente une douzaine de formes aux couleurs parfois très différentes. La forme nigrithorax, que l'on observe en France, est commune surtout en Chine.

 

Les chercheurs ont établi que plusieurs populations aux couleurs radicalement différentes étaient génétiquement apparentées alors que d'autres aux livrées voisines présentaient de fortes différences génétiques. Ils ont aussi confirmé la proximité génétique de populations autrefois considérées comme des espèces différentes et prouvé ainsi que la coloration à elle seule ne constitue pas un caractère fiable pour différencier les espèces de frelons.

 

La principale variation de couleur observée chez les frelons peut s'apparenter à du mélanisme, une accumulation de pigments noirs dont l'intensité dépend d'une combinaison de facteurs, notamment ceux liés aux conditions climatiques. Chez Vespa velutina, cependant, aucune relation entre variations de couleur et climat n'a été mise en évidence.

 

Les auteurs de l'étude suggèrent que les variations observées sont dues principalement à un phénomène de mimétisme au sein des communautés d'Hyménoptères « piqueurs » : guêpes, frelons et abeilles. Dans la Péninsule Malaise, les formes endémiques de Vespa velutina et du bourdon (Bombus trifasciatus) présentent une coloration orange étonnamment similaire. De même, les reines de deux espèces de guêpes Vespula orbata et Vespula koreensis présentent, dans le sud de la Chine, la même livrée sombre que Vespa velutina nigrithorax.

 

Ce mimétisme, dit Müllerien, peut induire des variations de couleur radicales d'une région à une autre, en fonction des espèces aux colorations d'avertissement et des prédateurs en présence. Cette étude appelle donc à l'exploration des relations entre colorations d'avertissement et mimétisme chez ces insectes, dont la diversité de taille, de couleurs et d'origine géographique suggère l'existence de nombreux cas de mimétisme encore non-documentés.

 

Pour en savoir plus sur le frelon asiatique, cliquer ici :

 

http://inpn.mnhn.fr/espece/signalement/vespa

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