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DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES POUR LA RÉSERVE MONDIALE DE SEMENCES

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(Source Le Figaro). La conservation des semences de cultures vivrières constitue un enjeu mondial pour l'humanité car l'agriculture d'aujourd'hui utilise très peu de variétés. C'est ainsi que les États-Unis ont perdu 90  % de leurs ressources tout comme la Chine qui a abandonné 90  % de ce qu'elle cultivait dans les années 1950. Des banques de gènes (plus de 1 700 aujourd'hui dans le monde) gérées par des organismes nationaux ou internationaux conservent de manière plus ou moins efficace, les ressources génétiques en collectant des graines dans le monde entier.

En 2001, un traité international sur les ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture a été adopté sous l'égide de l'ONU, signé à ce jour par plus de 130 pays. Il a donné naissance au GCDT (Global Crop Diversity Trust) destiné à financer la conservation de cette ressource. Cet organisme est dirigé par la Norvégienne Marie Haga, qui fait face à beaucoup de difficultés pour lever les 850 millions de dollars nécessaires à ce projet dans lequel s'inscrit la réserve mondiale de Svalbard (Svalbard Global Seed Valt).

Installée sur l'île norvégienne du Spitzberg, cette chambre forte créée en 2008 par la Norvège est constituée d'un tunnel de plus de 120 m de long qui s'enfonce dans la montagne gelée. Grâce au froid permanent (nous sommes seulement à 1 000 km du Pôle Nord), 860 000 échantillons de la biodiversité alimentaire mondiale sont préservés (il y a de la place pour 4 millions). L'important étant de conserver intacte la faculté germinative des graines.

Tout récemment, est arrivé une nouvelle livraison contenant entre autres 27 espèces de tournesol, 14 de tomates sauvages ainsi que des carottes sauvages ou encore des citrouilles provenant de tribus indiennes.

L'ensemble des banques de semences végétales disséminées à travers le monde conserve quelque 7 millions d'échantillons dont on considère qu'environ 2,3 millions sont uniques.

Svalbard a ainsi accueilli récemment 70 % des graines de l'un des plus importants patrimoines alimentaires : le blé. Cette banque de graines se trouvait au cœur de la ville d'Alep en Syrie, en pleine guerre civile. L'abri du Grand Nord protège aussi minutieusement quelque 200 000 variétés de riz ce qui permettra d'obtenir à terme des variétés encore plus performantes.

Reste que les plantes cultivées résultent d'une évolution permanente multimillénaire. Or, ce que l'on enferme dans une banque de gènes ne s'adapte plus à son environnement. Une mise en culture régulière est dont indispensable, de même que pour la récolte de nouvelles semences, les facultés germinatives se dégradant bien évidemment.

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