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CARREFOUR – DIA France : LE JUSTE PRIX ?

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(Source LSA) Après l'annonce, le vendredi 20 juin dernier, par le groupe de hard-discount Dia de l'offre ferme provenant de Carrefour en vue de l'acquisition de la totalité de ses activités en France pour une valeur d'entreprise de 600 millions d'euros, certains spécialistes de la bourse s'étonnent de la valorisation de Dia France à cette hauteur, quand les plus pessimistes pariaient sur un euro symbolique. Pourquoi Carrefour a-t-il accepté de payer le prix fort ?

 

D'après la banque d'investissements Morgan Stanley, le montant de 600 m€ est près de deux fois supérieur aux attentes du marché. Si Dia France concentre bien un total de 490 m€ d'actifs (dont 200 d'immobiliers et 200 m€ de fonds de commerce), l'entreprise doit aussi gérer près de 250 m€ de dette et 34 m€ de pertes opérationnelles prévues pour 2014.

 

De son côté, la banque Natixis estime le prix plus réaliste que les estimations basses, écrivant dans une note : « En dépit du délitement des performances en France, nous n'avons jamais cru à une cession pour un euro symbolique, compte tenu notamment de la qualité de l'actif dans les mégapoles (Paris, Lyon, Marseille…). De son côté, la banque d'affaires Kepler Chevreux synthétise la situation en ces mots : « Nous comprenons la pertinence stratégique du deal mais nous le trouvons cher ». Selon les informations du magazine LSA Casino n'aurait pas proposé plus de 450 m€ pour la reprise du hard discounter.

 

Mais Carrefour a de bonnes raisons à faire valoir. L'acquisition de Dia lui permet de gagner 1,6 % de part de marché à l'heure où Leclerc menace son leadership. Acquérir Dia France permet au groupe Carrefour, avec une part de marché de 21,9 %, de prendre une distance confortable avec Leclerc (19,6 %). Par ailleurs, la transformation des magasins Dia en Carrefour City ou Contact pourrait produire un effet très positif sur le chiffre d'affaires. En moyenne, les Dia réalisent autour de 2 900 €/m2, soit presque deux fois moins que les enseignes de proximité Carrefour. Enfin, la part du réseau la plus performante de Dia est située dans des régions stratégiques, fortement urbanisées. Le rachat devrait donc permettre à Carrefour de se renforcer à Paris, où il vient de laisser passer les 55 magasins que Casino devait céder, et dans le Sud-Est.

 

D'après Morgan Stanley, sur 850 magasins (dont 230 franchisés et 9 entrepôts), 250 se trouvent en région parisienne, et 200 de plus dans un triangle Lyon-Marseille-Nice. À eux seuls, ils représenteraient 60 % des ventes et plus de 100 % des profits. Cela implique que le reste du réseau perd de l'argent. La « rationalisation » par la fermeture des 200 magasins les moins performants, coûterait jusqu'à 150 m€. On peut imaginer des solutions alternatives dans lesquelles de nombreux Dia seraient convertis en drive, mais ce n'est qu'une hypothèse…

 

N'oublions pas enfin que Dia faisait encore partie du groupe Carrefour en 2011. Il y a fort à parier que Carrefour a conservé une connaissance fine du réseau et de ses équipes. Un facteur essentiel pour que la greffe prenne au plus vite. Avec Georges Plassat, Carrefour a prouvé sa capacité à se relancer en France, et intégrer le réseau Dia à sa branche proximité, qui marche bien, voire pour certaines unités, à ses supermarchés, n'est pas dénué de sens.

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