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Hausse des prix des matières premières , la flambée continue

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Mauvaise nouvelle pour le pouvoir d'achat, l'inflation devrait être de retour dès le premier semestre 2022, en raison de la crise sanitaire et de l'épidémie de Covid-19. La croissance était pourtant en hausse en fin d'année 2021 selon les estimations de l' Insee. Mais l'institut prévoit un avenir un peu plus sombre, avec une inflation qui devrait être autour des 2,7 %, rapporte LCI.

Ikea, l'enseigne suédoise Ikea a annoncé qu'elle allait faire grimper ses prix de 9% en moyenne cette année.

 

Etat des lieux

Entre janvier 2020 et novembre 2021, les matières premières ont augmentée de 35% selon l'INSEE.

Fin 2021, la reprise économique mondiale continue d'être marquée par un fort renchérissement des prix de l'énergie. Les prix du gaz et du charbon, en particulier, ont fortement augmenté, atteignant un pic en octobre (respectivement + 540 % et + 320 % sur un an). Si le prix du charbon a reflué depuis, celui du gaz se maintient à un niveau très élevé. Ces hausses ont contribué à tendre davantage encore le marché mondial du pétrole, où l'offre est encore déficitaire et les stocks désormais inférieurs à leur moyenne sur cinq ans. Au troisième trimestre 2021, le prix du pétrole s'est établi en moyenne à 73,5 $ le baril, en hausse de 71 % sur un an. En octobre, il a dépassé 85 $ pour la première fois depuis 2018. Les cours ont néanmoins reculé fin novembre, affectés par les incertitudes liées au contexte sanitaire. Par ailleurs, le prix du carbone sur le marché européen a atteint un niveau record, à plus de 80 € la tonne pour la première fois depuis 16 ans, en lien notamment avec les nouvelles orientations de l'Union européenne en la matière et, plus récemment, suite au dernier accord de coalition en Allemagne.

De son côté, le marché mondial des matières premières demeure également très tendu fin 2021, même si certains cours ont reflué ces derniers mois. En France, les prix des matières premières industrielles importées se maintiennent à un niveau élevé (+ 23,1 % sur un an en novembre 2021), en baisse toutefois après un point haut historique au premier semestre 2021. En particulier, les prix des matières minérales se sont récemment contractés (− 11,5 % entre juillet et novembre) du fait du fort repli du prix du fer, affecté par le ralentissement de la production d'acier en Chine. Enfin, les prix des matières premières alimentaires importées restent en forte hausse sur un an (+ 33,8 % en novembre).

L'effet des hausses des prix de l'énergie et des autres matières premières se transmet depuis plusieurs mois aux prix de production. Les prix de production de l'industrie française et ceux des produits agricoles à la production ont ainsi vivement progressé sur un an en octobre (respectivement + 14,0 % et + 14,5 %). Les prix à la consommation des produits énergétiques ont quant à eux augmenté en octobre de 20,2 % en glissement annuel.

À l'horizon de la prévision, il est fait l'hypothèse conventionnelle de cours de l'énergie constants : le prix du baril de Brent est notamment fixé à 75 $. Cependant, dans un contexte sanitaire à nouveau fragile, des incertitudes demeurent quant à l'orientation future de la production de l'OPEP.

En novembre 2021, les prix de production de l'industrie française continuent d'accélérer sur un mois (+3,0 % après +2,8 % en octobre et +1,6 % en septembre), comme sur un an (+16,3 % après +14,3 % et +11,1 %). Il s'agit des plus fortes augmentations enregistrées dans les données disponibles depuis janvier 1995. Les prix des produits destinés au marché français accélèrent aussi sur un mois (+3,5 % après +2,9 %), tandis que ceux destinés aux marchés extérieurs ralentissent (+1,6 % après +2,2 %).

En novembre 2021, les prix d'importation des produits industriels se stabilisent sur un mois (–0,1 % après +3,2 % au mois précédent) mais restent en forte hausse sur un an (+19,8 % après +20,6 %). Ceux des produits manufacturés ralentissent nettement sur un mois (+0,4 % après +1,3 %) et augmentent de 10,7 % sur un an (comme au mois précédent).

D'après une enquête CPME de mai 2021 auprès de 2060 dirigeants, 28% des entreprises rencontrent des difficultés d'approvisionnement tandis que 59% d'entre elles sont impactées par la hausse du prix des matières premières. Parmi les dirigeants dans l'industrie et la construction, la part de ceux qui sont confrontés à des hausses du prix des matières premières culmine à 93% tandis qu'ils sont 69% à rencontrer des difficultés d'approvisionnement.

En 2021, l'inflation a fortement augmenté : nulle en décembre 2020 (0,0 % sur un an), elle s'élève désormais à + 2,8 % en novembre, selon l'estimation provisoire. Cette hausse a été principalement tirée par les prix de l'énergie : ces derniers, après être descendus à des niveaux particulièrement bas en 2020, se sont en effet vivement redressés depuis, dans le contexte de la reprise économique mondiale.

Le constat est sans appel, les entreprises n'ont pas été en mesure de répercuter ces hausses sur leurs propres tarifs, et ce, alors même qu'elles sont dans l'incapacité de réduire leur marge.

 

Perspectives

Si certains espèrent une amélioration rapide, il est fort possible que la hausse de la demande de pétrole et de gaz se poursuivra à court et à moyen terme. Les tensions logistiques devraient se maintenir au moins jusqu'à mi-2022. Des incertitudes demeurent. Sur le plan sanitaire d'abord, avec l'apparition du variant Omicron et la reprise de l'épidémie en Europe. Sur le plan climatique ensuite : l'hiver sera-t-il ou non rigoureux ? Et enfin sur le plan géopolitique : les relations de l'Europe avec la Russie sont de plus en plus tendues (situation à la frontière de l'Ukraine). Autant de bonnes raisons de rester prudent en 2022.

En termes d'actions collectives, la CPME porte plusieurs recommandations :

Prise en compte de la théorie de l'imprévision dans les contrats

Réactivation la réactivation des ordonnances qui, au printemps 2020, avaient transitoirement gelé les pénalités de retard et ce, a minima, jusqu'â la fin 2021.

Création d'un nouveau financement fléché vers les professionnels qui subissent des tensions sur les matières premières. Ce financement serait adossé â une garantie publique et porté par la BPI.  II pourrait prendre, par exemple, la forme d'une avance remboursable.

Aligner la prise en charge de la rémunération des personnels mis au chômage partiel du fait de I ‘arrêt de I' activité faute de matériaux, sur celle prévue pour les entreprises les plus impactées par la crise sanitaire.

Possibilité de faire appel au médiateur des entreprises pour revoir les conditions initiales des contrats en termes de prix et de délai, y compris lorsque le marché à été négocié â prix ferme.

 

Réagir

En matière d'actions individuelles quelques pistes :

L'approche la plus évidente est celle de trouver des compromis avec les fournisseurs. Cela passe par une diplomatie accrue et des stratégies de négociation bien réfléchies.

Selon la nature de l'activité et la relation fournisseur existante, les entreprises peuvent décider d'élargir leur sourcing pour explorer les alternatives sur le marché. La crise sanitaire avait déjà ébranlé la gestion de la chaîne logistique, avec plusieurs dizaines d'entreprises prêtes à bouleverser toute leur chaîne de production et relocaliser en France. Les supply chains ont été recomposées lorsque l'approvisionnement en Chine s'est arrêté, et ceci a favorisé l'apparition de nouveaux acteurs sur le marché, notamment en Europe de l'Est.

Une alternative à la hausse du prix des ressources est d'employer une stratégie de " Redesign To Cost " dans laquelle le produit puisse garder ses spécificités techniques tout en utilisant des pièces et des composants moins chers. Cela demande un travail de recherche et développement, aussi bien que de design, pour arriver à un produit final sans sacrifier la qualité requise pour satisfaire la clientèle.

Les contraintes de cette approche sont évidentes : l'investissement et le temps nécessaire pour développer le produit ; la présentation au marché du nouveau produit retravaillé et la génération de bénéfices pour la société, qui sont toutes des actions interdépendantes, à exécuter avec soin.

C'est pourquoi la décision de lancer un projet de Redesign To Cost ne doit pas être prise à la légère. Même si à long terme cela peut représenter une diminution considérable des coûts de production et un produit mieux positionné sur le marché, le risque de perdre la confiance du consommateur est réel, sans prendre en compte les facteurs imprévisibles - comme une pandémie mondiale - qui peuvent bousculer le marché.

 

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