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BILAN 2020 DE LA GESTION DES NUISIBLES EN France

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En décembre dernier, la CS3D (Chambre Syndicale Dératisation, Désinsectisation, Désinfection), qui représente près de 80 % des entreprises du secteur, a interrogé ses adhérents afin de faire le point sur le nombre et les types d'interventions.

Un organisme nuisible est un organisme dont tout ou partie des activités a des effets considérés comme nuisant à la santé publique ainsi qu'au bon déroulement de certaines activités humaines. Historiquement installés sur le territoire, comme le rat, arrivés plus récemment et considérés comme espèces exotiques envahissantes tels le frelon asiatique, la punaise diabolique (Halyomorpha halys), ou les punaises de lit, les nuisibles représentent, au-delà de véritables désagréments voire traumatismes pour ceux qui y sont confrontés, des enjeux économiques et sociaux de premier plan.

 

Pendant toute la durée des confinements, les professionnels sont restés mobilisés, afin de répondre aux demandes nombreuses des particuliers confinés, ainsi que des professionnels tant dans le cadre du maintien de leur activité que de la protection de leur lieu de travail fermé au public.

Les zones d'intervention sont toutes celles où les humains vivent, travaillent où se rendent, ainsi que les transports en commun. Dans l'hexagone, l'habitat individuel représente 23 % des interventions et le collectif 25 %. Les lieux de collectivités accueillant du public en journée (écoles, crèches, universités) ou pour des séjours notamment dans le secteur de la santé (Ehpad, hôpitaux…) concentrent 19 % des interventions et les sites professionnels (commerces, lieux de stockage, restaurants…) 23 %.

 

Les rats, « vedettes » du confinement

Ce rongeur pour lequel les activités humaines sont sources d'une nourriture abondante (poubelles, parc, rues, restaurants…) s'est montré plus aventureux dans le cadre d'une circulation humaine contrainte par les confinements. Les professionnels indiquent sur l'ensemble du territoire français une augmentation des interventions en 2020 de l'ordre de 75 % par rapport à 2019. Pour mémoire, cette augmentation s'élevait à environ 20 % pour l'année 2019 en comparaison avec 2018. 32 % des Français ont affirmé avoir été confrontés à ce problème au sein même de leur propre logement (Enquête ODOXA pour la Cs3d réalisée par internet du 30 avril au 2 mai 2019 sur un échantillon de 1 000 Français représentatifs, âgés de 18 ans et plus).

On a pu constater ces dernières années une augmentation du nombre de rongeurs, surtout les rats bruns, dont la présence est favorisée par une abondance de nourriture, notamment en ville. Le phénomène s'explique par les comportements humains ainsi que la gestion des ordures ménagères. Les hivers plus doux de ces dernières années ont également contribué à l'augmentation du nombre de rongeurs. Sur l'année 2020, le confinement a entraîné une pression importante sur la ressource alimentaire des rats, qui sont donc redevenus opportunistes, d'où une présence et des rencontres en surface plus importantes.

 

Guêpes et frelons : l'explosion

Un hiver doux, un printemps chaud et un été caniculaire ont favorisé la présence de visiteurs très indésirables pour les particuliers comme pour les professionnels de la restauration cet été. Les guêpes et les frelons ont défrayé la chronique jusqu'au mois d'octobre. Le phénomène s'explique par une faible mortalité des reines par rapport à l'hiver 2019 ce qui a permis aux colonies de se renforcer.

Le nombre d'interventions des professionnels concernant les frelons et les guêpes, tous sites confondus, a bondi de 93 % au niveau national.

 

Le confinement donne le cafard…

Indésirable de nos lieux de vie, le cafard (blatte) fait partie des nuisibles les plus redoutés pour 40 % des Français selon l'enquête citée plus haut. Lorsque cet insecte aux habitudes nocturnes est détecté, c'est mauvais signe, car un adulte visible peut facilement en cacher 200 ! Après un recul du nombre d'interventions estimé à 11 % entre 2018 et 2019, les chiffres sont repartis à la hausse (+18 %) en 2020.

 

Punaises de lit, pas de répit…

Les punaises de lit semblaient avoir disparu en France depuis les années 1950. Les produits utilisés à l'époque (efficaces, mais toxiques) ne l'étant plus depuis longtemps, la punaise est de retour depuis une quinzaine d'années, au gré de l'augmentation des voyages internationaux…Ce petit insecte hématophage est considéré comme un enjeu de Santé Publique par les autorités qui ont signé une charte avec les professionnels de la Cs3d et en mettant en place un site dédié en 2019 (www. stop-punaises.gouv.fr). Cet insecte peut passer de 12 à 15 mois sans se nourrir et même ses larves sont capables de survivre sans source d'alimentation pendant près de 3 mois.

Si dans un premier temps, tout pouvait laisser penser que les contraintes de déplacement, l'interdiction des voyages et l'ensemble des mesures liées au confinement allait avoir un impact négatif sur la prolifération galopante des punaises de lit, l'enquête menée auprès des professionnels de la Chambre syndicale montre que pour près de 60 % d'entre eux, l'activité relative à cet insecte a augmenté. 2020 a vu une augmentation de 76 % du nombre d'interventions en lien avec la présence de punaises de lit, contre 30 % environ entre 2018 et 2019.

https://www.cs3d.info/

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