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MOINS DE POLLINISATEURS EN EUROPE

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Partant de la plus grande base de données d'insectes pollinisateurs jamais constituée, issues de diverses sources, dont les collections du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), une équipe de chercheurs français et européens, et notamment le Centre d'Écologie et des Sciences de la Conservation (MNHN – CNRS – Sorbonne Université), ont étudié les changements de période de vol de 2 000 espèces de pollinisateurs entre 1960 et 2016 dans 20 pays européens. Ils ont publié leurs résultats dans la revue Nature Ecology and Evolution.
En raison du réchauffement climatique, les pollinisateurs volent de façon moins synchronisée et, en moyenne, moins longtemps depuis 60 ans. Il apparaît que les pollinisateurs volent environ 6 jours plus tôt et 2 jours de moins en moyenne. En France par exemple, le pic d'activité des insectes pollinisateurs est désormais début juillet, contre mi-juillet dans les années 1960. Ces réponses varient spatialement. Elles sont très fortes dans le sud-ouest de l'Europe mais quasi nulle au nord. On observe aussi des différences selon les espèces. Les diptères (groupe des mouches) avancent beaucoup plus leur période de vol que les papillons et les coléoptères, tandis que les hyménoptères (abeilles et guêpes) se situent dans la moyenne.
Puisque les différents groupes de pollinisateurs tendent à réduire leur période d'activité et n'avancent pas leur période de vol au même rythme, ils se retrouvent de plus en plus isolés au cours de la saison de pollinisation. Ceci aboutit à une baisse de la diversité simultanée des pollinisateurs, notamment entre 1980 et 2016 avec une baisse allant de 3 à 9% en Europe de l'Ouest.
Les changements de période de vol observés ont été mis en regard avec la hausse des températures en Europe. L'étude montre qu'ils se produisent suite à l'augmentation brutale des températures entre 1980 et 1995 et non pas entre 1960 et 1980, période où les températures étaient relativement stables. Aussi, dans la perspective annoncée du changement climatique, des conséquences, à priori négatives, sont à prévoir sur la pollinisation des cultures et des fleurs sauvages. Cette menace vient s'ajouter au fort déclin des pollinisateurs observé ces 40 dernières années, principalement dû aux pesticides et à la destruction des habitats.
www.mnhn.fr
En illustration : pollinisation du silène maritime (Oberna uniflora) par des abeilles sudoripares (Lasioglossum sp.). ©N. & P. Mioulane / NewsJardinTV - Jardimiou

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