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ET POURQUOI PAS UN JARDIN D’ENTREPRISE ?

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Pourquoi ne pas se mettre au vert sur son lieu de travail ? Arroser, désherber ou biner à la pause déjeuner ; organiser une réunion entre pieds de tomates et de framboisiers ou au milieu des fleurs commence à séduire de plus en plus d'entreprises. Elles choisissent d'introduire la nature sur le lieu de travail, en transformant une terrasse ou une friche inoccupée en jardin pour les salariés.

Après avoir longtemps été limité à quelques plantes exotiques installées dans un bac, sans vraiment de sens, le jardin d'entreprise se veut aujourd'hui esthétique et utile, tout en constituant un espace à vivre ainsi qu'une réponse aux enjeux environnementaux.

Une approche originale et séduisante, le « bureau fertile », a été présentée par les Jardins de Gally Spécialisée lors du dernier salon « Jardins jardin » (dans le jardin des Tuileries, à Paris, du 5 au 9 juin), montrant dans un exercice de style qu'espace de travail et espace vert peuvent s'intégrer dans un ensemble cohérent et harmonieux.

Nés aux États-Unis où ils fleurissent désormais dans la plupart des grandes entreprises, les « corporate gardens » essaiment lentement depuis quelques années en France. Les entreprises y voient un moyen de valoriser des espaces urbains à moindre coût, tout en développant un efficace outil de bien-être au travail. 20 % des espaces verts périurbains seraient déjà des jardins d'entreprise, selon Xavier Laureau, cofondateur de « Jardins jardin ».

Une étude américaine de 2011 menée par l'université de l'Oregon (The economics of biophilia) a montré qu'un environnement de travail connecté à la nature améliorait la performance du salarié et qu'il réduisait jusqu'à 10 % l'absentéisme. Par ailleurs, des enquêtes de satisfaction menées auprès de salariés indiquent que la présence d'un environnement naturel leur apporte une tranquillité au travail.

 

Du toit-terrasse végétalisé et aménagé en espace de détente à la friche industrielle de plusieurs milliers de mètres carrés affectée à un usage agricole, les formules choisies par les entreprises varient selon leur taille, l'espace dont elles disposent et l'engagement du personnel.

Par : mi les tendances du moment, l'ensemencement d'une prairie fleurie d'espèces sauvages, l'installation de ruches et d'hôtels à insectes ont le vent en poupe. L'entretien est assuré par des professionnels, jardiniers ou apiculteurs, qui proposent également aux salariés des ateliers pédagogiques et des conférences sur les insectes pollinisateurs sauvages, les ruches ou la taille raisonnée des arbustes.

D'autres entreprises ont fait le choix d'impliquer d'avantage leurs salariés en les incitant à consacrer une partie de leur temps de pause à cultiver un potager collectif qui leur permet de picorer agréablement à l'heure du déjeuner. C'est le cas de la Citéde l'architecture et du patrimoine à Paris, où une dizaine d'employés (sur une centaine) veille sur environ 50 m2 de tomates, aubergines, groseilles et plantes aromatiques perchées sur le toit du Palais de Chaillot, face àla Tour Eiffel. Les participants jardinent sur leur temps libre et la récolte, de préférence consommée sur place, est partagée entre les participants.

À Toulouse, les responsables d'une clinique du centre-ville ont décidé d'aménager un jardin potager sur un espace de 500 m2 situé sur le toit. L'entretien sera assuré par des travailleurs handicapés d'un centre d'aide par le travail qui vont s'occuper de faire pousser des légumes destinés au restaurant d'entreprise du personnel de la clinique. « L'objectif n'est pas d'arriver à l'autosuffisance avec les plantations mais plutôt de cultiver des variétés oubliées, de produire des légumes qui ont du goût et donner l'occasion à des employés de se détendre à leurs moments de pose », a souligné Cédric Jules, cofondateur de la société Macadam Gardens qui a été choisie pour ce projet.

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