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DE NOUVEAUX RAVAGEURS SIGNALÉS EN France

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L'OEPP (Organisation européenne pour la protection des plantes) vient de publier une liste d'alerte concernant de nouveaux bioagresseurs observés dans notre pays.

• Le puceron brun géant du pêcher (Pterochloroides persicae), a été observé en France en 2016, dans la municipalité de Bellegarde (Gard). Sa présence avait également été signalée en 2006 et 2014 dans les Pyrénées-Orientales. Originaire de Chine, il s'est disséminé dans le Bassin méditerranéen. Le pêcher est son hôte préféré, mais on le trouve également sur d'autres arbres fruitiers : agrumes, cognassier, poirier, pommier.

• Le scolyte asiatique (Xylosandrus crassiusculus) a été trouvé pour la première fois en France en août 2014 à Nice (Alpes-Maritimes) sur quatre caroubiers. Malgré des mesures d'éradication, le ravageur s'et disséminé sur plusieurs centaines d'arbres dans la même localité et sur l'île Sainte-Marguerite. Désormais l'éradication de ce scolyte n'est plus jugée possible.

• L'Organisation nationale de la protection des végétaux (ONPV) a fait part en début d'année de la première détection du scolyte noir des rameaux (Xylosandrus compactus) sur notre territoire. En septembre 2016, il a été trouvé sur des plantes ornementales : arbousier, laurier sauce, chêne vert et filaire, par des jardiniers professionnels de la région PACA. Les plantes infestées présentaient un dessèchement et une modification de leur apparence esthétique. Aucune mesure phytosanitaire officielle n'a été mise en œuvre. Pourtant, c'est un insecte très polyphage des plantes ligneuses (plus de 200 hôtes signalés appartenant à 60 familles) qui pourrait présenter un risque pour de nombreuses espèces dans les pépinières, les plantations, les vergers, les parcs et les jardins.

Xylosandrus compactus attaque principalement les plantules, les pousses et les petits rameaux, mais il peut également se reproduire dans des branches coupées mesurant jusqu'à environ 6 cm de diamètre (rarement dans du matériel plus gros). Les plantes infestées présentent une nécrose des feuilles et des tiges qui s'étend à partir d'un trou d'entrée. L'affaissement des rameaux (flagging) débute environ 5 à 7 jours après l'entrée et la formation de galeries. Le flétrissement des rameaux et des branches s'observe après quelques semaines d'infestation. Les trous d'entrée des femelles, situés à la face inférieure des branches, sont petits (0,8 mm Ø). Des chancres sont souvent observés autour des zones attaquées sur les plus gros rameaux et les branches. Les dégâts sont renforcés l'introduction de divers champignons (18 espèces signalées jusqu'à présent) que transportent les femelles ou dans les galeries forées par la larve de l'insecte.

Les femelles adultes d'un noir luisant, mesurent de 1,6 à 1,8 mm de long. Les mâles, qui ne peuvent pas voler, sont noir-rougeâtre et plus petits (de 0,9 à -1,3 mm de long). Il y a plusieurs générations chevauchantes par an. Les femelles adultes peuvent pondre dans un rayon d'au moins 200 m et jusqu'à plusieurs kilomètres, si leur déplacement est facilité par le vent. À longue distance, le commerce de plantes infestées, de branches coupées, de bois, et de bois d'emballage peuvent transporter X. compactus.

Des données manquent sur la biologie de Xylosandrus compactus et sur le rôle des champignons associés, mais il semble que cette association puisse potentiellement causer des dégâts sur des plantes jeunes dans les pépinières, les vergers et les plantations en climat tempéré. Les dégâts sérieux observés dans la région du Lazio (Italie) sur plusieurs espèces méditerranéennes montrent clairement que X. compactus peut devenir un ravageur dans les environnements naturels. Enfin, la dissémination éventuelle de X. compactus et de ses champignons associés à des plantes ligneuses fruitières, ornementales ou forestières présente également un risque pour la région OEPP.

• Un premier signalement de la cécidomye des aiguilles du Douglas (Contarinia pseudotsugae) a eu lieu en août et septembre 2016. Des galles ont été observées dans les Hauts-de-France et le Grand-Est, sur des aiguilles de sapins de Douglas (Pseudotsuga menziesii). Le ravageur a été identifié par des techniques moléculaires (barcoding).

 

• Une première détection du papillon Batrachedra enormis  a eu lieu en août 2016, sur quatre yuccas d'un jardin privé dans le département du Var. Des dégâts peu importants (feuilles minées par les chenilles) ont été observés sur les plantes. L'identité de l'insecte a été confirmée par des méthodes morphologiques et moléculaires. Les plantes infestées ont été détruites et une prospection sera menée aux environs du jardin concerné.

• Le premier signalement en France du nématode asiatique Meloidogyne mali, a eu lieu en septembre 2016, sur des ormes de Chine (Ulmus chenmoui) dans une parcelle expérimentale de la région Île-de-France. Le nématode a également été trouvé sur des ronces à mûres (Rubus fructicosus) poussant dans le voisinage immédiat. Le ravageur a été identifié par des méthodes morphologiques et moléculaires. Il est possible que le nématode soit entré en Europe sur des plantes importées aux Pays-Bas dans le cadre de recherches sur la résistance à la graphiose de l'orme.

https://www.eppo.int/ABOUT_EPPO/about_eppo_fr.htm

 

En illustration : Xylosandrus compactus. ©Matt Bertone

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