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DES TOITS VÉGÉTALISÉS POUR LES BUS DE MADRID

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L'an dernier, la mairie de Madrid a eu l'idée ingénieuse de faire installer des espaces végétalisés sur les toits de 130 bus des lignes 27 (Glorieta de Embajadores-Plaza de Castilla) et 34 (Plaza de Cibeles-Las Águilas) et sur des abribus. Cette initiative esthétique et festive s'inscrit dans une démarche d'intérêt général, à savoir la revitalisation des espaces de vie non valorisés. À l'origine de ce projet, l'artiste et paysagiste Marc Granen a constaté que les toits des quelque 1 900 bus exploités par l'entreprise de transports en commun de Madrid EMT, constituaient un potentiel de 20 000 m2 inutilisés qui pouvaient être plantés. Partant du principe qu'un mètre carré de verdure peut absorber jusqu'à 20 kg de CO2, cela représente quand même 400 t de gaz à effet de serre en moins. Par ailleurs, ces toits vivants fonctionnent comme des régulateurs thermiques grâce à l'eau qu'ils retiennent. Ils permettent en été d'abaisser naturellement la température intérieure des bus de 3 à 4 °C.

Pour construire cette toiture, une structure en acier inoxydable est fixée sur le toit et imperméabilisée. Cette dernière est remplie d'un substrat utilisé en hydroponie : absorbant mais pas trop pour éviter la surcharge du poids de l'eau par temps de pluie. Les plantes utilisées sont des sédums car ils résistent à toutes les températures et ne demandent pas d'entretien. La toiture végétalisée réduit de 5 à 6 personnes le nombre maximum de voyageurs admis dans le véhicule.

Le coût de chaque toit végétalisé est d'environ 2 500 € pour les bus (un peu moins pour les abribus), inclus l'entretien assuré par un système d'irrigation spécial qui repose sur un savant maillage métallique pour éviter les fuites et l'emploi de matériaux durables, résistant aux mouvements des véhicules.

Le projet de la capitale espagnole a permis de développer de nouveaux écosystèmes en utilisant des véhicules de façon inattendue. La toiture végétale joue un rôle esthétique non négligeable, tout en permettant aux citoyens de bénéficier d'une proximité avec la nature, ce qui est rarement le quotidien urbain. Des projets d'espaces verts nomades sont désormais en cours dans différentes villes du monde, notamment à New-York, la végétalisation des bus pouvant aussi s'étendre aux tramways. C'est une idée qu'il serait bon de souffler à l'oreille des maires de nos plus grandes métropoles françaises dans l'esprit de la « transition verte ». Il semblerait toutefois que des expériences aient déjà été réalisées dans l'hexagone sur des abribus. Le végétal représente un formidable levier d'intérêt général auprès des citoyens. Les entreprises doivent aussi se l'approprier afin d'attirer un regard favorable de l'opinion publique.

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