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LE COUP DE GUEULE LÉGITIME DE L’UPJ

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©www.map-photos.com – Nathalie Pasquel

L'UPJ dénonce la différence de traitement entre le monde agricole et les jardins et espaces verts. Voici intégralement son communiqué :

Le 18 août dernier, la loi relative à la Transition énergétique pour la croissance verte a été publiée. En un seul article incongru (art. 68), tous les efforts de sécurisation et de mise à disposition de solutions adaptées pour la protection des plantes en zones non agricoles ont été balayés !

L'objectif est l'interdiction pure et simple de l'utilisation des produits de synthèse à partir de 2019 dans les jardins et dès 2017 pour les collectivités. Pourtant, depuis des mois, l'UPJ (Union des entreprises pour la Protection des Jardins et des Espaces Publics) a mis en garde contre les conséquences d'une telle décision, sans jamais avoir été entendue par les politiques… Aujourd'hui encore, l'association revient sur cette loi qui pénalise les jardiniers amateurs et les collectivités locales, tout en ignorant les plus gros utilisateurs : les agriculteurs.

 

Un combat mené contre les mauvaises cibles

Guillaume Roth, Président de l'UPJ, veut : « faire entendre la voix des professionnels du secteur jardin afin d'avoir une vision juste des problématiques jardin actuelles et des conséquences inhérentes à l'interdiction des produits phytosanitaires ». Le questionnement est simple : s'il existe un problème de produits dits « pesticides » sur notre territoire, pourquoi le gouvernement ne vise-t-il pas aussi les agriculteurs ? Il est de notoriété publique qu'ils en sont les plus gros consommateurs.

 

Il est vrai qu'il est plus aisé de s'attaquer aux petits utilisateurs et aux collectivités qui se retrouveront sans ressources face à certaines problématiques de santé végétale. Pourtant, jardiniers amateurs et collectivités locales sont les bons élèves et ne représentent qu'une infime partie des quantités de produits utilisés sur le sol français.

Sur l'ensemble du territoire, l'utilisation de produits phytosanitaires par le secteur agricole a augmenté de 5 % entre 2009 et 2013 et de 9,2 % entre 2012 et 2013. Mais, si nous nous intéressons aux zones non agricoles, sur les mêmes périodes l'utilisation a respectivement baissé de 3,4 % et de 7,9 % ! (source : Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la forêt, 22/12/2014) http://agriculture.gouv.fr/recours-aux-produits-phytosanitaires-resultats-nationaux-pour-lannee-2013

 

Pour Jacques My, Directeur général de l'UPJ : « il aurait été plus utile d'engager un véritable processus d'accompagnement volontaire au lieu d'ajouter des pressions supplémentaires aux seuls utilisateurs non agricoles qui étaient sur la bonne voie ». En effet, les volumes de substances actives avaient diminué de 25 % entre 2008 et 2013 : cela démontre les efforts conduits par la profession sans arsenal législatif.

L'UPJ a toujours insisté sur les efforts fournis et les évolutions concrètes au sein du secteur jardin. L'efficacité ne se mesure pas aux mots, aux promesses ou aux choix arbitraires faits par le gouvernement mais aux résultats visibles : « Nous étions dans une démarche positive, concrète et efficace ; cette interdiction est une punition injuste et accablante pour le secteur jardin », martèle Guillaume Roth.

 

Un fiasco sanitaire et économique…

En tant qu'association de professionnels, l'UPJ a toujours souhaité enrichir le débat autour d'un jardinage responsable et respectueux de l'environnement. Dans ce contexte, l'association a présenté en juin dernier son rapport « Avenir Jardin », assorti de trois propositions concrètes qui n'ont jamais été examinées.

         • Vente des produits jardin dans un espace réservé ; seuls les produits ne disposant pas de pictogramme de danger seraient mis en libre-service.

         • Développement et mise sur le marché de plus en plus de produits ne présentant pas de risque pour la santé et l'environnement.

         • Pédagogie auprès des jardiniers amateurs afin qu'ils sachent qu'il existe des produits moins dangereux en libre-service et se détournent naturellement des produits classés.

Il est également déconcertant de croire qu'en interdisant ces produits aux jardiniers, les ravageurs feront le distinguo entre un jardin, un espace vert et une zone cultivée. Finalement, cela revient à ramener des ravageurs dans les jardins, leur offrir une porte d'entrée vers les cultures et mettre en péril toute une filière (production végétale, semences, plants, matériel d'entretien, etc.) déjà fragilisée.

Aujourd'hui l'UPJ tire la sonnette d'alarme : il est faux et inconscient d'affirmer que l'exclusion de toute solution de synthèse est une solution viable et saine pour le futur des jardins.

 

L'UPJ continue son combat en refusant l'opposition entre les produits de synthèse et les produits naturels. La solution ne réside en aucun de ces produits séparément mais en leur complémentarité. D'ailleurs, de nombreux produits de synthèse ont été créés dans le but d'améliorer les performances des produits naturels et de réduire leurs impacts sur l'environnement. Et il est avéré que certains produits naturels ont un classement sur la santé et l'environnement plus important que leurs « cousins » de synthèse.

En outre, il faut 10 ans pour créer de nouveaux produits : le délai laissé par la loi est manifestement insignifiant.

 

…au service d'un coup politique

L'interdiction publiée le 18 août dernier a tout de la tactique politicienne. Économiquement, l'interdiction d'utilisation des produits phytosanitaires est dangereuse. L'AMF (Association des Maires de France) a récemment alerté sur les conséquences de la baisse drastique de 30 % des dotations allouées par l'État aux communes : « Cette amputation est inéquitable, insoutenable pour les communes et intercommunalités et aura de graves conséquences sur l'activité économique des territoires ». Dans ce contexte, il est utopique de croire que les communes pourront absorber la dépense supplémentaire que représente, dans la majorité des cas, le « zéro phyto ». Après plusieurs années, seules quelques dizaines de communes sur les 36 000 que compte le territoire français, ont atteint le niveau ultime de la charte « Terre Saine ». Cela démontre bien les limites des capacités des collectivités à modifier leurs pratiques dans un contexte de baisse des dotations de l'État.

De plus, sur le plan humain, l'interdiction met en péril environ 2 000 emplois directs, amenant des difficultés sociales associées à la perte d'activités.

 

L'UPJ regrette de ne pas avoir été entendue, notamment par Ségolène Royal, ministre de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, qui n'a jamais souhaité recevoir l'association afin de débattre autour de ce sujet. Cela est d'autant plus problématique que nos politiques continuent de véhiculer une image erronée de produits qui restent souvent les seules solutions pour sauver certaines espèces : buis, palmiers, platanes, etc. Devrions-nous laisser disparaître notre patrimoine végétal sans réagir ?

 

Pour Jacques My, « cela est d'autant plus dommageable que la reconversion qui était en marche aurait pu être réussie. Nous représentons un secteur qui a fait beaucoup d'efforts et dont les parlementaires refusent de reconnaître les avancées très prometteuses. En voulant donner l'impression de régler le problème des « pesticides », ils se sont attaqués à la cible la plus facile au mépris des efforts conduits. »

www.upj.fr

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