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LE CLIMAT ATYPIQUE DE CETTE ANNÉE IMPACTE SUR LA VÉGÉTATION

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Programme de science participative reposant sur l'observation volontaire des rythmes saisonniers, l'Observatoire des Saisons aide les chercheurs à comprendre l'impact du changement climatique sur les écosystèmes en se basant sur la phénologie, c'est-à-dire l'étude des rythmes de vie des plantes et des animaux en fonction des saisons et du climat.

Dès la fin de cet été, particulièrement sec sur l'ensemble de la France métropolitaine, et au cours de cet automne, de nombreux phénomènes « hors-saison » ont été observés sur les plantes, et notamment sur les arbres. N'oublions pas aussi les conditions climatiques exceptionnelles de l'automne 2015 (un petit coup de froid mi-octobre, suivi de conditions très douces) qui ont donné lieu à des événements phénologiques anormaux en hiver et jusqu'au début de l'année 2016.

Sortes de « court-circuit de la dormance », les débourrements et floraisons d'automne sont courants après retour de la pluie, suite à une période très sèche et chaude. Cette dernière lève précocement la « pause du métabolisme » que constitue la dormance et les bourgeons se « réveillent » ce qui entraîne leur croissance.

Ce phénomène fragilise le végétal qui supporte moins bien une gelée précoce. Dans le cas d'une floraison hors saison, notamment chez les arbres fruitiers, la production à venir sera diminuée, voire compromise.

Cette année, en raison de la chaleur sèche, le feuillage de certains arbres (hêtre, platane…) a partiellement roussi, comme s'il avait été brûlé par le soleil. Les feuilles atteintes sont tombées avant début septembre, ne laissant que la moitié, voire le quart du feuillage vert. Ces arbres se sont débarrassés « volontairement » d'une partie de leurs feuilles pour limiter l'évapotranspiration et ainsi mieux supporter la sécheresse. On a aussi pu observer début septembre dans l'Hérault, des chênes verts (Quercus ilex), une espèce à feuillage persistant, dont toutes les feuilles étaient marron (donc mortes), ce qui ne s'était jamais vu.

Les charmes (Carpinus betulus) ont aussi présenté un comportement atypique, à savoir la chute prématurée de leurs feuilles en automne, alors qu'il s'agit d'une espèce marcescente (les feuilles sèches restent accrochées aux rameaux durant tout l'hiver).

Dans les jeunes plantations de pin maritime (Pinus pinaster) on a observé pour la première fois courant octobre des phénomènes de croissance qui étaient surtout connus chez le pin d'Alep (Pinus halepensis). Depuis quelques années, cette espèce produit systématiquement des pousses en automne et même en hiver et elle ne s'arrête de croître que quelques semaines en été.

Côté fruitiers, des chercheurs de l'INRA Provence-Alpes-Côte d'Azur, à Avignon, ont observé que la floraison de la variété d'abricotier ‘Bergeron' a duré cette année, 14 jours près de Valence, alors que durant les 15 années précédentes il fallait compter de 4 à 8 jours.

Au vu de toutes ces observations, les scientifiques considèrent cette année comme emblématique du cumul d'événements climatiques extrêmes qui ont affectés à des degrés divers toutes les productions agricoles. Si vous êtes témoin de phénomènes phénologiques anormaux, informez-en l'Observatoire des Saisons sur : contact@obs-saisons.fr

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