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LE GÉNÔME DU ROSIER SÉQUENCÉ

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Les rosiers sont les plantes d'ornement les plus importantes du monde pour leur valeur économique, culturelle et symbolique. Ils sont cultivés partout sur la planète et vendus pour une plantation dans les jardins, en fleurs coupées et en potées fleuries. Afin de pouvoir mieux étudier les caractères importants et d'aider les professionnels à sélectionner plus efficacement les nouvelles variétés de rosiers, il est indispensable d'avoir accès à un génome de haute qualité.
Cela permet d'effectuer des études génétiques indispensables à l'identification de gènes clés impliqués par exemple dans la remontée de floraison, la duplicature (nombres de pétales), les aiguillons, les incompatibilités de croisement ou la résistance aux maladies.
En s'appuyant sur une carte génétique à haute densité de marqueurs moléculaires, le génome a pu être assemblé en sept pseudo-molécules, représentant les sept chromosomes du rosier. D'une taille totale de 512 Mpb (unité de mesure du génome), assemblée en 551 fragments, ce génome comporterait 44 481 gènes.
Avec ce nouveau génome, les scientifiques ont pu identifier le gène responsable de la duplicature (nombre de pétales, différence entre fleurs simples et fleurs doubles). Avec la mise au point d'un marqueur génétique qui permet de prédire le nombre de pétales d'une rose, l'Inra met ainsi à disposition de la communauté internationale des outils qui peuvent être utilisés pour la sélection.
Ce génome est un outil indispensable pour toutes les entreprises travaillant sur l'amélioration des rosiers. Il va entre autres permettre d'accélérer la création de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies. À Angers, les chercheurs étudient la diversité des rosiers et leurs différences, afin de montrer quels gènes sont impliqués dans la résistance aux maladies. Une autre étude en cours, en lien avec l'obtention de ce génome de haute qualité, a pour objectif de comprendre comment sont classées les roses sauvages, ce qui permettrait d'identifier de nouvelles sources de résistance et à terme de mieux contrôler les croisements et ainsi la résistance aux maladies.
Le séquençage du génome du rosier a pu être obtenu grâce au soutien financier de la Région des Pays de la Loire de l'ANR, du RFI Objectif Végétal et de l'INRA.

Identification d'un des gènes responsables du parfum typique de la rose
Depuis plusieurs années, des recherches sont menées afin de décrypter les différents composants du parfum de la rose et pour trouver les gènes responsables de la synthèse de ces composés.
L'association de ces nombreux composés (plus de 60 identifiés dans les pétales) donne des parfums très variés. Une étude a réalisé des croisements entre rosiers exprimant différents parfums. La transmission des composés a été analysée dans la descendance (environ 80 plantes).
Ceci a permis de localiser des régions du génome responsables de la production des composants majeurs de ces parfums, dont le 2-phényléthanol (2PE), une molécule aromatique. Le parent femelle utilisé pour le croisement ne produit pas le 2PE, contrairement au parent mâle et à la moitié des descendants. Le gène codant l'enzyme responsable de la production de ce composé a été identifié sous le nom de : Rosa hybrida phenylacetaldehyde synthase (RhPAAS). Des études d'expression de ce gène dans les descendants ont permis de confirmer le lien entre la présence du 2PE et l'expression d'un des allèles (une des versions du gène) transmis par le parent mâle. Au-delà de la connaissance sur le parfum du rosier, ce travail permet d'envisager des outils de sélection pour s'assurer de la présence de parfums dans les futures variétés de rosier.


En illustration : rose ‘Leander' (Austin 1982). ©N. & P. Mioulane / NewsJardinTV - Jardimiou

 

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