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LES JEUNES ET LA VILLE

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Apportant un complément d'informations intéressant dans le contexte de nos études sur le jardin privé en ville et le e-commerce (jardin et animal de compagnie), une enquête réalisée par la Chaire Immobilier et Développement Durable de l'ESSEC, sous la direction du Professeur Nappi-Choulet, révèle la manière dont 1 000 étudiants français imaginent la place du numérique dans leur vie et dans leur ville. L'enquête a été menée en ligne par Harris Interactive du 9 au 22 juillet dernier, auprès d'un échantillon de 1 000 étudiants post-bac en France. La moyenne d'âge des personnes interrogées est de 21 ans avec 54 % de femmes.

Trois enseignements majeurs ressortent de cette enquête :

         • Une réserve surprenante à l'égard du numérique

Cette attitude est inattendue de la part d'une génération Y volontiers décrite comme hyperconnectée, interpelle les adeptes de la « smart city », pour lesquels la ville de demain ne saurait être que celle du quotidien à distance et de la fameuse big data.

Si les étudiants sont lucides sur le fait que le numérique occupe une place essentielle dans leur vie et dans leur ville (Ils sont 61 % à penser que, demain, le numérique impactera fortement le travail, 50 % les façons de se déplacer et 48 % les modes de consommation), nombre de leurs réponses révèlent une certaine prise de recul par rapport à l'invasion numérique.

         - 58 % sont réticents à l'usage de la géolocalisation pour se voir proposer des offres commerciales. Ce chiffre grimpe à 78 % lorsqu'il s'agit d'utiliser le contenu des conversations mails pour se voir proposer des offres en rapport avec leurs centres d'intérêts.

         - ni le télétravail ni l'e-consommation ne remportent les suffrages de la génération Y : seuls 11 % estiment qu'ils travailleront principalement à distance, et 22 % souhaitent faire leurs achats par Internet dans un avenir proche.

         • 77 % des répondants considèrent que le numérique est trop présent dans le quotidien des personnes de leur génération.

 

         • L'attractivité des villes moyennes et des centres-villes

La grande ville est loin de remporter tous les suffrages. Elle a certes la préférence de 39 % des étudiants comme lieu de vie futur, mais elle est talonnée par les villes moyennes et petites qui sont privilégiées par 36 % d'entre eux. Ce résultat mérite d'être analysé lorsqu'on sait que la jeune génération a plutôt la réputation d'être attirée par les grandes métropoles, du fait de leur dynamisme, de la diversité de leurs aménités et de l'étendue de leurs marchés de l'emploi !

Cette attractivité des villes de taille moyenne va de pair avec un intérêt affirmé pour les centres villes, que ce soit comme lieu de travail (47 %) ou comme lieu de consommation (53 %).

Enfin, et en dépit de leur attrait limité pour la consommation par Internet, le nombre et la variété des commerces disponibles à proximité est essentielle pour les jeunes. Lorsqu'on leur demande ce qu'ils attendent avant tout de leur ville, 50 % mentionnent les commerces. Il s'agit de magasins puisque, rappelons-le, seuls 22 % estiment qu'ils recourront de manière importante à l'e-commerce.

         • L'importance des espaces verts

Cités par 27 % des personnes interrogées, les espaces verts arrivent en deuxième position dans les paramètres d'attractivité. En 2014, l'enquête sur la ville intelligente montrait que 42 % des étudiants pourraient refuser un emploi dans une ville où la nature n'est pas assez présente. 26 % citent les transports, 11 % la culture et seulement 10 % le travail.

 

         • La France conserve la préférence des jeunes

Tandis que le débat public fait régulièrement état d'une « fuite des cerveaux », avec le départ des jeunes diplômés à l'étranger, près de sept étudiants sur dix (69 %) affirment qu'ils préfèrent vivre en France qu'à l'étranger.

Parmi les 31 % d'étudiants privilégiant de vivre à l'étranger, 12 % se tourneraient vers un autre pays d'Europe et 11 % vers l'Amérique du Nord. Les autres continents sont peu cités : 4 % pour l'Asie, 2 % l'Amérique latine, 1 % l'Afrique et 1 % l'Océanie. De façon transversale, notons que les profils étudiants en école de commerce (50 %), issus de catégories aisées (42 %) ou ayant déjà vécu à l'étranger (44 %) sont plus enclins que la moyenne à préférer un autre pays que la France.

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