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LUTTE OBLIGATOIRE CONTRE LA MALADIE DES PLATANES

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Lorsque, d'un côté, nos politiques mènent un combat dogmatique contre les produits phytosanitaires au point de faire en sorte d'en priver dès l'année prochaine les professionnels des espaces verts et dès 2019 les jardiniers amateurs, la liste des organismes impliquant une obligation de lutte ne fait que s'allonger.

C'est ainsi que, depuis le début de l'année, un arrêté ministériel rend obligatoire (à partir du 7 janvier 2016) sur tout le territoire national, la lutte contre le chancre coloré du platane (Ceratocystis platani). La disposition concerne aussi bien les producteurs que les propriétaires de platanes (toutes les espèces du genre Platanus).

Il est précisé que :

Toute personne est tenue de déclarer immédiatement la présence ou la suspicion de symptômes de chancre coloré du platane au préfet de région selon les modalités prévues à l'article R. 251-2-2 du code rural et de la pêche maritime susvisé.

Après confirmation officielle par le service chargé de la protection des végétaux de l'existence d'un platane infecté par le chancre coloré du platane, une zone délimitée est établie par arrêté préfectoral.

La zone délimitée se compose d'une zone infectée et d'une zone tampon.

La zone infectée est établie sur un rayon de 35 mètres autour des platanes infectés par le chancre coloré du platane.

La zone tampon comprend au moins les communes dans lesquelles se situent une ou plusieurs zones infectées.

Lorsque la surveillance montre l'absence de symptômes du chancre coloré du platane dans une zone délimitée pendant une période de 10 ans après la dernière constatation de la présence de l'organisme nuisible dans cette zone, elle est reconnue indemne.

La plantation de platanes dans une zone infectée est interdite pendant 10 ans après la dernière constatation de la présence de l'organisme nuisible dans cette zone.

Mesures d'éradication.

Lorsque la présence du chancre coloré du platane est confirmée sur un platane, le propriétaire fait procéder à l'abattage, au dessouchage ou à la dévitalisation des souches puis à la destruction par incinération des platanes présents dans la zone infectée dans un délai de 2 mois à partir de la notification officielle par le service chargé de la protection des végétaux.

Le délai peut être repoussé jusqu'à 6 mois par autorisation du service chargé de la protection des végétaux.

Les troncs, branches, racines, souches, sciures et autres déchets des platanes présents dans la zone infectée sont incinérés sur place.

Mesures de prophylaxie.

Sur tout le territoire national, la réalisation de travaux, sur ou à proximité de platanes et susceptibles de blesser leurs parties aériennes ou souterraines, est menée de manière à éviter la propagation du chancre coloré du platane.

Sont obligatoires les mesures suivantes :

 

 

- au commencement et à la fin des travaux sur chaque site planté, les outils et engins d'intervention sont nettoyés puis désinfectés avec des produits phytopharmaceutiques fongicides autorisés. Par dérogation du service chargé de la protection des végétaux, des produits biocides autorisés à fonction fongicide peuvent être utilisés ;

- toutes les blessures ouvertes sur les troncs, sur les branches de plus de 5 cm de diamètre et sur les racines sont immédiatement parées et badigeonnées avec une spécialité fongicide homologuée ou à défaut recouvertes par une préparation protectrice des plaies de taille homologuée sur végétaux ligneux.

Commercialisation

Ne sont vendus ou cédés que des plants de platanes exempts du chancre coloré du platane.

La vente, la cession et le transport de plants de platanes provenant d'un lieu de production situé tout ou partie en zone infectée sont interdits jusqu'à la constatation officielle de l'absence de symptôme à l'issue d'une période complète de végétation suivant la réalisation des mesures d'éradication prévues à l'article 6 du présent arrêté.

 

Les mesures drastiques prises contre cette grave maladie des platanes mettent bien en évidence l'utilité des produits phytosanitaires. Il serait donc souhaitable que les autorités revoient d'une manière plus objective et plus souple les dispositions prises à l'encontre de la « pharmacie des plantes ». Il est important que l'on puisse continuer à protéger nos jardins de manière raisonnable et raisonnée dans le but d'obtenir des résultats de culture optimisés, tout en contribuant à maintenir à un niveau acceptable la pression toujours plus forte des bioagresseurs.

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