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LES CHAUVES-SOURIS ET LES MYSTÈRES DU VIEILLISSEMENT…

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Comptant par les auxiliaires des jardiniers les plus précieux, mais aussi les moins connus et les plus mal-aimés, les chiroptères (ordre qui regroupe les quelque 1 000 à 2 000 espèces de chauve-souris) viennent de sortir d'hibernation.

Les chauves-souris sont les seuls mammifères qui volent vraiment. Elles possèdent des ailes membraneuses, sans poil, dont les os correspondent à ceux de nos mains (l'étymologie de chiroptère est chiro « main » et ptère « aile »). Cela leur permet un vol beaucoup plus précis, agile et acrobatique que celui des oiseaux (dont l'aile correspond à un bras).

Les chauves-souris sont connues également pour leur capacité à se repérer et chasser dans l'obscurité à l'aide d'un système d'ultrasons extrêmement précis, qui constitue un véritable sonar biologique. Chaque espèce émet ses propres ultrasons.

Actives d'avril à septembre, les chauves-souris hibernent dès l'arrivée du froid et ne se réveillent qu'au printemps, économisant ainsi de l'énergie pendant la saison où les insectes se font rares. Elles dorment tête en bas, bénéficiant d'un système circulatoire qui leur permet de rester des heures dans cette position inhabituelle ! Par ailleurs, leurs pieds sont tournés vers l'arrière, orientés de façon à ce que l'animal se suspende sans effort, hors d'atteinte des prédateurs.

Autre originalité, la fécondation est différée chez les chauves-souris qui s'accouplent à l'automne. Les femelles stockent le sperme et ne sont fécondées qu'au printemps suivant, à la fin de l'hibernation. Le petit naît au début de l'été, la période où les ressources alimentaires (insectes) sont les plus favorables. Une chauve-souris peut manger des milliers d'insectes en une nuit (et notamment des moustiques !)

Les chauves-souris bénéficient d'une espérance de vie très longue pour un animal si petit (15 ans pour une pipistrelle commune). Elles peuvent voler jusqu'à 50 km/h (20 km/h en moyenne).

Les chauves-souris n'abîment pas les bâtiments où elles logent. Elles ne mangent, ne rongent, ne creusent, ne construisent rien, se contentant de se suspendre au plafond. Leur guano peut être récupéré à l'aide d'une bâche et constituer un engrais très riche pour le jardin.

34 espèces de chauves-souris sont présentes en France. Elles sont toutes de petite taille, avec une envergure de 20 à 40 cm. Il s'agit de la Sérotine commune (fréquente dans les greniers), des rhinolophes (avec un nez en forme de fer à cheval), des noctules (espèces forestières), des pipistrelles (les plus petites), des oreillards (avec leurs grandes oreilles) et des murins (de moyenne à grande taille).

Des populations qui régressent

Les chauves-souris souffrent beaucoup de la perte de leurs habitats (aménagement des combles, rénovations diverses, coupe des arbres creux), de la disparition des insectes et des milieux favorables à ces derniers (zones humides, haies…) et de stérilité due à la consommation d'insectes ayant ingéré des insecticides. Elles sont également menacées par la progression de la population de chats qui représente un prédateur redoutable.

Les chauves-souris ainsi que leurs habitats sont strictement protégés par la loi. Leur destruction est interdite.

Un vieillissement exceptionnel qui va être étudié

Le phénomène du vieillissement reste l'un des mécanismes les moins bien compris en biologie et en médecine, même si des centaines de communications scientifiques tentent de l'expliquer. Les chauves-souris pourraient apporter des réponses inédites à la science sur ce sujet car elles bénéficient d'une longévité hors-norme.

En règle générale, les mammifères de petite taille possèdent un taux métabolique élevé et une espérance de vie limitée. Par exemple, une souris vit deux ou trois ans. En revanche, les chiroptères vivent exceptionnellement longtemps. La plus vieille chauve-souris capturée dans la nature était âgée de 41 ans, dix fois plus que ce qui était attendu compte tenu de la petite taille de l'espèce ! Cette faculté suggère que les chauves-souris ont développé des mécanismes leur permettant de vivre plus longtemps que les autres animaux. Elles semblent « immunisées » contre les maladies liées au vieillissement, grâce à un système immunitaire beaucoup plus performant que la moyenne, ainsi que d'une capacité d'autoguérison.

La sélection naturelle aurait permis aux chauves-souris d'évoluer, d'un point de vue génétique, différemment des autres espèces, avec des mécanismes moléculaires permettant l'allongement de la durée de vie.

Une étude inédite, qui constitue un programme unique en Europe, a été commencée en 2013 dans le Morbihan. Elle se prolonge jusqu'en 2017 sous l'égide de l'Association Bretagne Vivante. Les recherches portent sur la dynamique des populations et la longévité particulière des grands murins (Myotis myotis). La partie traitant d'identifier les mécanismes moléculaires induisant une longévité importante, s'effectue en collaboration avec l'université de Dublin (Irlande).

http://www.groupechiropteresbretagne-vivante.org

 

En illustration : grand murin en vol. ©Fauna

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