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Des auxiliaires dans mon jardin

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Ce livre écrit par un agronome et un ornithologue s'inscrit tout à fait dans la tendance « amicale » de notre époque envers la nature sauvage. Le propos des auteurs est d'attirer, de loger et de nourrir la faune sauvage, dont le mode de vie (alimentation ou reproduction) profite à nos cultures. Le livre présente de manière très attractive les différents animaux du jardin ayant une action positive sur le jardin. Leur rôle, et surtout leur efficacité, sont en général fortement exacerbés dans le propos, mais on comprend toute la valeur de la présence de ces auxiliaires et l'intérêt de les protéger, et même de favoriser leur présence. Il y a quelques exemples d'abris à construire, mais on peut s'étonner de l'absence des « hôtels à insectes » si prisés actuellement.

 

• L'avis de Patrick Mioulane : la bulle qui figure sur la couverture est sympathique mais exagérée, tout comme l'ensemble des propos de ce livre. Les auxiliaires ne « jardinent » pas pour nous. Ils jouent un rôle régulateur et modérateur dans l'écosystème du jardin, ce qui n'est déjà pas si mal. On a droit au tout début du livre à un énième plaidoyer contre les produits « chimiques » dont les arguments sont très faiblement étayés, mais les auteurs qui sont des promoteurs de la culture biologique auraient bien tort de s'en priver… Bien sûr l'utopie de l'équilibre qui constitue le fond de pensée de l'ouvrage est bien séduisante, mais entre la théorie et la pratique, il y a un monde qui s'appelle : le quotidien du jardinier.

Par exemple la présentation des « indésirables » est franchement angélique pour ne pas dire honteusement mensongère. Les escargots et les limaces ne sont pas les êtres presque innocents qu'on essaye de nous faire gober ici ! Et pour les avoir essayés à maintes reprises, les pièges à base de cendre de bois, de coquilles d'œufs ou de bière qui nous sont préconisés s'avèrent très peu efficaces sur le terrain. Il est aussi étonnant de constater que le Ferramol (Phosphate ferrique) autorisé en culture biologique soit totalement ignoré dans le propos.

La volonté affirmée des auteurs de minimiser les problèmes parasitaires et de renvoyer en permanence la faute sur les méthodes de jardinage « classiques » est franchement irritante. N'oublions pas que la dernière grande famine en Europe date de 1933, époque à laquelle on connaissait les dangers de la nature, mais contre lesquels on n'avait que les solutions préconisées par nos « bio bobos » d'aujourd'hui.

www.terrevivante.org

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